AFGHANISTAN : UNE AUTRE STRATÉGIE Cette émission a été diffusée la première fois en juin 2009

Lectures

L’Amérique d’Obama Herodote n° 132

01/2009

Symbole d’un changement radical, l’élection du premier président noir des États-Unis montre le chemin parcouru par une nation dont l’histoire est traversée de divisions et de haines raciales. En portant au pouvoir Obama, les ressorts démocratiques de l’Amérique ont restauré la foi de son peuple en ses ressources et suscité un espoir extraordinaire, dans le pays et à travers le monde. Les dossiers dont il hérite sont lourds de contraintes : la crise économique et fiscale est sévère ; la guerre en Irak pèse lourdement sur le budget et bat des records d’impopularité ; les États-Unis n’ont jamais eu une image aussi désastreuse dans le monde ; le déficit budgétaire est abyssal ; le système de santé est dysfonctionnel ; les dynamiques urbaines continuent de générer de sérieuses inégalités spatiales.

La personnalité d’Obama et sa brillante victoire lui confèrent un capital politique solide mais probablement éphémère s’il ne l’utilise pas rapidement pour apporter le changement dont il a suscité l’espoir. Qu’est-ce qui a permis un tel bouleversement de la carte politique et des préconceptions électorales ? Comment Barack Obama va-t-il pouvoir changer l’Amérique pour répondre aux défis qui s’offrent à lui ?

On pourra lire particulièrement : « Obama, la « longue guerre » et la question afghano-pakistanaise » par Jean-Luc Racine. La rupture annoncée dans la campagne victorieuse de Barack Obama ne sera pas totale en matière de politique étrangère. Certes, après le dévoiement irakien, la lutte contre Al-Qaida et contre le retour en force des talibans devrait replacer l’Afghanistan et le Pakistan au rang des nouvelles priorités présidentielles. Mais l’inflexion a déjà été engagée après le départ de Donald Rumsfelddu Pentagone, et une partie des personnalités clés en matière de défense, Robert Gates, l’amiral Mullen, le général Petraeus, resteront aux affaires sous la nouvelle présidence. Si l’époque du « tout militaire » est révolue, reste à savoir si l’hypothèse de négocier avec une partie des talibans pour les dissocier d’Al-Qaida est la bonne, et si le grand jeu diplomatique envisagé entre l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde et les voisins de cette zone troublée pourra vraiment s’engager.

En Afghanistan
Rory Stewart Avec la traduction de l'anglais d’Esther Ménévis
Albin Michel Collection Latitudes
03/2009

Après la chute des talibans, R. Stewart entreprend de traverser l'Afghanistan à pied en suivant l'itinéraire emprunté cinq siècles plus tôt par Babur, l'empereur qui allait fonder la dynastie moghole en Inde. Il connaît le pays, les dialectes persans et l'islam. Ce récit révèle une réalité insoupçonnée et un peuple meurtri par des guerres successives.

Le retour des talibans
Ahmed Raschid
Editions Delavilla
05/2009

Description de l’ouvrage

Sept ans après le 11-Septembre et en dépit des milliards de dollars investis dans la région et des milliers de morts, le chaos règne en Afghanistan, au Pakistan et menace l'Inde. Ce récit du Retour des talibans se lit comme une épopée, avec ses seigneurs de guerre féodaux et leurs prisons secrètes, ses talibans, ses agents de la CIA. Comment une guérilla médiévale peut-elle mettre en difficulté la première armée du monde ? À quel jeu jouent le Pakistan et ses services secrets ? Pourquoi les Américains ont-ils continué à financer ceux qui protégeaient l'état major d'Al-Qaida ? Ce livre est un cri d'alarme pour engager l'occident à corriger ses erreurs de stratégie. Rien n'est plus urgent à l'échelle internationale.

À propos de l’auteur

Ahmed Rashid fut, dès 1979, correspondant du Daily Telegraph, de la Far Eastern Economic Review, de la BBC et de CNN, en Afghanistan, au Pakistan et en Asie centrale. L'auteur est considéré comme le meilleur expert au monde du mouvement taliban. Son précédent livre L'ombre des talibans a été traduit en vingt-deux langues et vendu à plus de 1,5 millions d'exemplaires.

 

Mourir pour l'Afghanistan
Jean-Dominique Merchet
Jacob-Duvernet
2008

Le 18 août 2008, une patrouille française tombe dans une embuscade en Afghanistan. Dix soldats sont tués au terme de longues heures de combat. Soudain, l'opinion publique prend conscience que la France est engagée dans une guerre en Afghanistan. Sur la base de sources militaires, ce livre retrace le déroulement de l'embuscade, y compris du côté des talibans.

Mais il donne surtout à comprendre les racines historiques et géographiques de cette guerre. Les Britanniques puis les Soviétiques s'y sont cassé les dents : l'Otan fera-t-elle mieux ? Notre armée est-elle prête pour ces combats ? Comment réagissent la société et les médias français ? Alors que la France s'engage de plus en plus dans ce conflit, il vaudrait mieux «préparer les conditions de notre départ, et vite !».

Horizons géopolitiques
Frédéric Encel
Éditions du Seuil
03/2009

Une introduction à la géopolitique, aujourd’hui.

La géopolitique est à la mode. Boudée, voire rejetée des décennies durant, après avoir été mise à l’honneur par l’impérialisme des IIe et IIIe Reich allemands, elle prend sa revanche : tout un chacun en fait depuis les années 1990 comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, et l’accole à n’importe quelle dimension de la vie ou presque. Dans ce foisonnement, on trouve le meilleur comme le pire, au risque du galvaudage ; si tout peut être estampillé « géopolitique », rien ne l’est réellement.

Pour le néophyte ou pour le lecteur averti, Frédéric Encel présente ici avec rigueur et clarté les concepts clés de la discipline : les frontières et la souveraineté, les rapports de force et la puissance, les opinions publiques et les représentations, la guerre et la paix. Ce faisant, prônant le rejet du cynisme, il dessine une géopolitique à visage humain.

Docteur en géopolitique de l’université Paris 8, Frédéric Encel est professeur à l’École Supérieure de Gestion. Directeur de recherches à l’Institut français de géopolitique et consultant en risques-pays, il enseigne par ailleurs les relations internationales à Sciences-Po Paris.