CLIMAT, DE KYOTO A COPENHAGUE (1/2) Cette émission a été diffusée la première fois en novembre 2009

Lectures

2030 le krach écologique
Geneviève Férone
Grasset Collection : Documents

Le Krach écologique aura lieu en 2030... Le front climatique, le front énergétique, le front de la croissance et le front démographique vont se télescoper exactement à la même date. Le changement climatique en cours est une dérive sans retour. Qui est responsable ? Notre consommation d’énergies fossiles productrice de Gaz à Effet de Serre. Or, toute notre économie planétaire dépend de ces énergies fossiles, notamment le pétrole. Il est impératif de migrer au plus vite vers des énergies propres et renouvelables pour anticiper la rareté de la ressource pétrolière dans moins de vingt ans. Aurons-nous le temps d’adopter ces énergies, les financer et les développer à un stade industriel afin de couvrir les besoins en énergie de 7 milliards de personnes en 2030 ? Comment faire basculer une population mondiale aux intérêts divergents vers une nouvelle gouvernance ? Les pensées magiques traditionnelles qui postulent que la décroissance ou la technologie nous sauveront ne seront d’aucun secours. Des géants économiques tels que l’Inde et la Chine, grands consommateurs d’énergie, sont désormais les principaux maîtres de notre destinée collective. De leurs stratégies dépendront largement les futurs contours de notre environnement. Pour le meilleur ou pour le pire.

Kyogami
Michel Cruciani
2002/2005

Le risque d'un changement climatique de grande ampleur, engendré par les émissions excessives de gaz à effet de serre, constitue aujourd'hui un sujet de préoccupation majeure à l'échelle planétaire.

En Décembre 1997, les représentants de 186 pays ont envisagé un dispositif incitant à réduire ces émissions sans handicaper la croissance économique : le protocole de Kyoto. Les principes contenus dans ce texte entrent progressivement en vigueur dans un grand nombre de pays industrialisés, et notamment au sein de l'Union Européenne, où ils concernent la plupart des grandes entreprises depuis le 1er Janvier 2005.

Par ailleurs, les mécanismes du protocole de Kyoto continueront à inspirer la réflexion sur les mesures à appliquer dans les décennies suivantes : on parle déjà de Kyoto 2…

Une approche misant sur les aspects ludiques :

Le protocole de Kyoto est relativement difficile à expliquer. Pourtant, par sa conception, il comporte des aspects ludiques. Inspiré directement des principales dispositions du protocole, Kyogami s'appuie sur leur originalité. Il a été conçu pour permettre au plus grand nombre, adultes et futurs adultes, de saisir les rouages essentiels du protocole de Kyoto.

Les citoyens se feront une idée plus précise des enjeux en débat dans les négociations internationales. Les collaborateurs d'entreprises percevront mieux les contraintes pesant sur le monde industriel. Les enfants se familiariseront avec un sujet qui marquera tout le 21ème siècle.

Kyogami, un complément aux autres outils de sensibilisation :

Les conséquences du réchauffement climatique seront graves, peut-être catastrophiques. Cependant, le danger semble lointain, et les solutions à mettre en œuvre paraissent parfois contraignantes lorsqu'elles sont présentées au niveau individuel (par exemple, moins voyager, restreindre sa consommation) et rébarbatives lorsqu'elles sont tracées au niveau collectif (par exemple, dans les traités internationaux).

En abordant le sujet sous un angle ludique, Kyogami peut aider à une prise de conscience en douceur. Il peut également contribuer à convaincre qu'une action est possible, dans un cadre où les objectifs sont fixés en commun, mais laissant à chacun toute liberté d'initiative. Enfin, il peut donner envie d'en savoir plus, et peut-être d'agir davantage : après la partie, les joueurs intéressés trouveront une petite documentation sur l'effet de serre et l'action de la communauté internationale.

Une invitation à l'approfondissement :

Kyogami démystifie un outil économique mal connu, le quota négociable. Le joueur qui ne recherche qu'un moment de détente aura acquis le mécanisme inconsciemment, en s'amusant, sans penser plus loin ! Le joueur qui s'intéresse au fondement du jeu pourra vérifier l'utilité de cet outil dans la lutte contre l'effet de serre.

En revanche, Kyogami n'apporte pas de réponse sur les solutions techniques à déployer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En outre, les paramètres du jeu (nombre des cases, répartition des occurrences, etc.) ont été déterminés de telle sorte que le résultat ne soit pas garanti : certaines parties peuvent aboutir à une performance médiocre !

Ces choix sont bien sûr délibérés. Il s'agit d'inciter le joueur à s'interroger sur les forces et faiblesses du protocole de Kyoto, sur les autres voies envisageables, sur l'état de la situation internationale… Il trouvera des éléments de réponse par la discussion avec ses parents, ses enseignants ou d'autres joueurs, par la rencontre avec les professionnels, tels que ceux issus du monde scientifique ou associatif, par la lecture d'ouvrages et journaux, ou encore par la visite de sites Internet dédiés.

www.kyogami.com

Agenda

NATIVE LAND - STOP EJECT
Fondation Cartier Kunsthal Charlottenborg, Copenhagen
Du 05 décembre 2009 au 21 février 2010

Créée par la Fondation Cartier pour l’art contemporain, « Native Land, Stop Eject » interroge la sédentarité et le nomadisme aujourd’hui, à une époque où les flux migratoires humains ont atteint une échelle sans précédent. Elle propose une réflexion sur les notions d’enracinement et de déracinement, ainsi que sur les questions identitaires qui leur sont attachées. Le cinéaste Raymond Depardon donne la parole à ceux qui, menacés de devoir partir, veulent demeurer sur leur terre. Le philosophe Paul Virilio, en collaboration avec les artistes et architectes Diller Scofidio + Renfro, Mark Hanvsen, Laura Kurgan, expose les trajectoires des migrations humaines, liées à des facteurs environnementaux, politiques et économiques.

DONNER LA PAROLE de Raymond Depardon (avec l’ingénieur du son Claudine Nougaret) part à la rencontre des nomades, des paysans, des îliens et des peuples autochtones, tous menacés de disparaître ou vivant en marge de la mondialisation. Ils prennent la parole dans leur langue maternelle, langue ancrée dans leur terre ; bien qu’encore parlées aujourd’hui, toutes ces langues sont en danger, symbolisant la menace imminente qui pèse sur l’identité de ces populations : Kawésqar ; Mapuche ; Afar ; Quechua ; Chipaya ; Breton ; Occitan ; Yanomami ; Guarani.

EXIT, une installation inédite réalisée par Diller Scofidio + Renfro, Mark Hansen, Laura Kurgan, donne forme, grâce à une cartographie dynamique, aux concepts que Paul Virilio a développés sur les trajectoires humaines à travers le monde. Les bases de données d’information de nombreux organismes internationaux ont permis la réalisation de six cartes animées : Population et migrations urbaines ; Des flux d’hommes et d’argent ; Réfugiés politiques et migrations forcées ; Catastrophes naturelles ; Des mers qui montent, des villes qui disparaissent ; Déforestation et langues en danger.

Commissaire général

Hervé Chandès, Directeur Général de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris

L’exposition bénéficie de la collaboration de François Gemenne, chercheur et enseignant sur les mouvements migratoires liés aux changements de l’environnement.

La carte «Déforestation et langues en danger» a bénéficié de la collaboration scientifique de Bruce Albert, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le développement, et de François-Michel Le Tourneau, Chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Partenaires : AlhondigaBilbao, Bilbao; ZKM | Le Centre pour l'Art et les Media de Karlsruhe; Panasonic et avec la collaboration de l'Unesco.

www.fondation.cartier.com/