DES ÎLES DE DÉCHETS ? Cette émission a été diffusée la première fois en février 2011

Lectures

Nauru, l'île dévastée - Comment la civilisation capitaliste a détruit le pays le plus riche du monde
Luc Folliet
La Découverte - Collection : cahiers libres
06/2009

Connaissez-vous Nauru ? Cette île du Pacifique est la plus petite République de la planète, apparemment semblable à des dizaines d'autres.

Elle fut même, dans les années 1970-1980, l'un des pays les plus riches du monde. Aujourd'hui, Nauru est un État en ruine, une île littéralement dévastée. C'est le récit de cet incroyable effondrement qu'a entrepris Luc Folliet. Car tout commence à Nauru avec le phosphate, ce "cadeau de Dieu", dont l'exploitation démarre au début du XXe siècle. Lorsque les Nauruans conquièrent leur indépendance, en 1968, des centaines de millions de dollars tombent dans le portefeuille du nouvel État et de ses habitants, qui adoptent un mode de vie occidental et dépensent sans compter.

Au début des années 1990, le phosphate s'épuise. Alors, l'île se vend à qui bon lui semble. Des centaines de banques offshore choisissent de s'installer dans ce nouveau paradis fiscal. Mais rien n'y fait, Nauru devient l'un des États les plus pauvres au monde et loue sa terre à l'Australie voisine qui peut y "exporter" ses camps d'internement de réfugiés. On envisage même alors l'abandon de l'île et l'exil de ses habitants...

Désastre écologique, faillite économique, hyperconsumérisme, maladies chroniques : l'histoire de Nauru raconte aussi notre histoire. Elle montre comment le rêve de prospérité peut, en quelques années, virer au cauchemar.

Voyage dans l'anthropocène
Claude Lorius et Laurent Carpentier - Publié sous la direction d’Elisabeth Nivert et Anne Tézenas du Montcel - Postface de Michel Rocard,
Actes Sud
5 janvier 2011

Sans le savoir, nous avons peut-être changé d’ère géologique, quitté silencieusement sans fêtes grandioses ni commémoration les onze mille années de l’ère holocène qui, du fait de sa grande stabilité climatique, a vu naître l’agriculture, l’homme industrieux et industriel, ce que nous appelons le “monde moderne”.

Nous voilà donc appelés à un nouveau voyage dans un nouveau cadre géologique et climatique : l’ère anthropocène, ère dans laquelle l’homme est devenu la principale force géophysique capable de modifier son environnement.

La transformation invisible a commencé il y a plus de deux cents ans, avec la révolution industrielle. À l’époque, seuls quelques penseurs, lanceurs d’alertes, mystiques ou poètes, avaient pressenti son importance et ses risques.

Le terme d’“ère anthropocène” ne sera inventé qu’à la fin du XXe siècle par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie. Depuis, il se diffuse peu à peu au sein de la communauté scientifique, au point que les stratigraphes du monde entier, ces savants qui définissent les grands tiroirs de l’histoire de la Terre, envisagent, à la demande de leurs collègues britanniques, d’officialiser notre nouveau cadre en 2012 lors du prochain congrès de Brisbane. Faut-il se réjouir d’une telle marque d’intérêt ?

Anthropocène. Le mot a quelque chose d’effrayant. Sa musique nous emmène vers un autre mot, anthropophage, mangeur d’hommes, monstre qui dévore sa propre espèce.

Pour la première fois, la métamorphose de l’enveloppe terrestre est directement née de l’action de l’homme et de son organisation de vie sur terre. À force de produire de manière intensive, d’émettre du gaz carbonique dans l’atmosphère, c’est la géologie même de la Terre que l’homme modifie à sa guise, et donc ses propres ressources vitales.

Celui qui nous en parle s’appelle Claude Lorius, glaciologue de renom. C’est grâce à lui et à son équipe d’explorateurs que nous pouvons remonter, à travers le cristal et les bulles emprisonnées dans les carottes de glace, les variations du climat sur des centaines de milliers d’années.

Avec son thermomètre isotopique, Claude Lorius a en quelque sorte inventé la jauge de l’ère anthropocène et, par là même, l’instrument de mesure de notre responsabilité face à la Terre et aux générations futures.

Claude Lorius, membre de l’Académie des sciences, est glaciologue. Il est l’un des héros légendaires du premier hivernage en Antarctique en 1957. En mettant en valeur l’importance des gaz à effet de serre sur la température de la Terre, il apporte la preuve qu’en surproduisant du gaz carbonique, l’homme est responsable du réchauffement climatique. Distingué par de nombreux prix, il est le seul Français lauréat du prestigieux Blue Planet Prize, qu'il a reçu en 2008 à Tokyo.

Laurent Carpentier, journaliste, a participé à la création de la première Agence française d’informations sur l’environnement (l’AIE). Spécialiste de ces questions, grand reporter free-lance, il travaille aujourd’hui régulièrement pour Le Monde Magazine sur des enquêtes au long cours. Portraitiste et reporter, il cherche sur le terrain, auprès des hommes et de leurs vies, à réfléchir et à donner à réfléchir sur la marche du monde.

Aujourd’hui le scientifique reprend le chemin de l’exploration avec Laurent Carpentier, rencontré au Groënland, auteur d’articles de référence sur l’environnement. Ensemble, ils remontent le temps et l’histoire de l’humanité. Ensemble, ils nous font part de leur vertige face à l’extraordinaire accélération du développement de l’espèce humaine depuis deux cents ans. C’est en citoyen du monde que l’explorateur fait ce nouveau voyage, mêlant le regard du jeune chercheur enthousiaste et visionnaire prêt à s’enterrer pendant un an sous les glaces et celui de l’homme âgé en quête d’un sursaut de l’homme.

Il n’a pas de mode d’emploi, il nous passe le témoin pour que nous inventions notre chemin pour un monde capable de préserver nos vies dans les cent ans à venir. Tout comme lui s’est lancé, à 23 ans, dans les glaces sans avoir la moindre idée de ce qu’il y trouverait.

Plastic Planet - La face cachée des matières synthétiques
Werner Boote et Gerhard Pretting - Traduction de Dominique Taffin-Jauhaud
Actes Sud Sciences humaines - Collection : Questions de société
Septembre 2010

Biberons, cartables, DVD, ordinateurs, chaussures, emballages alimentaires, revêtements du sol, tuyaux, rideaux de douche, meubles... Les matières synthétiques sont partout. Coloré ou noir, design ou simplement pratique, bon marché ou de luxe, le plastique nous séduit et nous facilite la vie.

Depuis une soixantaine d'années, il nous envahit et, à présent, il s'est introduit dans notre organisme. Il est indestructible. Qu'on le jette ou qu'on le brûle, la Terre ne s'en débarrassera plus jamais. Nous habitons tous la planète Plastique.

Comment faire face et trouver des alternatives ? Le livre "Plastic Planet" fait le point sur les différentes zones d'ombre que l'industrie tente de garder secrètes.

Werner Boote a réalisé avec la Neue Sentimental Film un documentaire de 1h35 qui prolonge le livre. Sélectionné dans la catégorie "Documentaires" au Festival international du film de l'environnement 2010, le film est sorti en salle début avril 2011.

Au cœur des océans - Les comprendre pour mieux les préserver
Françoise Latour
Glénat / Collection Mer et nature
20/10/2010

Cet ouvrage répond à des questions essentielles pour comprendre les océans afin de mieux les défendre. Une série de témoignages donne, de façon pratique et en s’appuyant sur des données chiffrées, les solutions pour les préserver.

À l’heure où ceux qui s’engagent pour défendre les océans sont de plus en plus nombreux, cet ouvrage fait le point sur les raisons d’une urgence.

La première partie présente la faune et la flore de ces océans. Qui sont-ils ? Que risquent-ils mais aussi que risque-t-on s’ils disparaissent ?
La seconde partie présente différentes initiatives de personnalités qui répondent aux dangers évoqués.


Les voyous de la mer - Naufrages, pollution et sécurité : le bilan de santé de la mer
Christian Buchet
Ramsay
22/05/2003

Prestige, Erika, Ievoli Sun, Olympic-Bravery, Amoco-Cadiz, Torrey Canyon...

Un bâtiment de plus de 300 tonneaux fait naufrage tous les deux ou trois jours. Qui s'en étonnera ? Certainement pas les "voyous des mers" qui font transiter des produits-poubelles, dans des bateaux-poubelles, avec des équipages laminés par leurs 80 heures de travail hebdomadaire, rarement payées, toujours sous-payées. Mais tout est bon pour ces nouveaux négriers envers lesquels des États-confetti ont toutes les complaisances...

Fioul lourd, ou autres hydrocarbures, dégazages sauvages, mais aussi produits chimiques, avouables et inavouables... Contaminées par les naufrages, polluées par la terre et ses déversements incontrôlés d'engrais et de pesticides, les mers du globe meurent. Lentement, mais de plus en plus vite.

Nous savons bien pourtant que les océans, qui abritent 80 % de la biodiversité, pourraient devenir un nouvel Eldorado.

Le gâchis d'aujourd'hui est non seulement un scandale écologique, mais un non-sens économique... Des solutions, cependant, existent à portée de main.

L'un des meilleurs spécialistes internationaux fait ici un point nécessaire, procède à un véritable bilan de santé de nos mers et met en avant des propositions concrètes. Cet ouvrage, en faisant référence, bouleversera quantité d'idées reçues. Les voyous de la mer, qui recense l'horreur, propose aussi un espoir.

L'auteur en quelques mots...

Christian Buchet, de l'Académie de marine, vice-doyen de la faculté des lettres de l'Institut catholique de Paris, membre du Laboratoire d'histoire maritime (CNRS/université de Paris-Sorbonne/musée de la Marine) depuis 1989, est directeur du Centre franco-ibéro-américain d'histoire maritime de l'Institut catholique de Paris depuis 1997.

Il est également membre du Comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot.

Très sollicité sur la sécurité et l'environnement maritimes, il est l'auteur de nombreuses contributions scientifiques et d'actes de colloques.

L'eau dans le monde
Yves Lacoste
Larousse - Collection : Petite encyclopédie Larousse
09/06/2010

L'eau va devenir un des problèmes majeurs de la planète dans les vingt-cinq prochaines années.

La population mondiale aura alors augmenté de deux milliards d'individus, principalement dans les régions les moins équipées d'un point de vue hydraulique. L'approvisionnement des populations, la domestication des flux, le traitement et la répartition des ressources sont à la croisée de la technologie et de la politique. Cet ouvrage apporte au lecteur les clefs nécessaires pour comprendre cet enjeu fondamental qu'est l'eau.

L'auteur en quelques mots...

Yves Lacoste, géographe et historien, est un des grands spécialistes de la géopolitique en France.

Fondateur et directeur de la revue Hérodote, professeur émérite des universités, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, aux éditions Larousse : l'Atlas géopolitique (2007) et Géopolitique, la longue histoire d'aujourd'hui (2009).

Ecologica
André Gorz
Galilée
2008

« Ce livre prend une valeur testamentaire, même s’il n’a finalement pas eu la possibilité d’écrire la préface qu’il méditait pourtant depuis longtemps.

Ecologica est d’abord le témoignage d’un pionnier de l’écologie politique.

Dans l’entretien qui introduit l’ouvrage, Gorz indique qu’il est devenu écologiste avant la lettre, par la critique du modèle de consommation opulent qui caractérise nos sociétés contemporaines.

Le livre de Jean-Paul Sartre, Critique de la raison dialectique, avait aiguisé son "intérêt pour la technocritique" au début des années 60. Mais l’impératif écologique, dit-il, peut aussi bien nous conduire à un "anticapitalisme radical qu’à un pétainisme vert".

Tandis que partir de la critique du capitalisme permet de déboucher sur l’écologie politique, "avec son indispensable critique des besoins".

Il rend hommage ici à la deuxième figure qui a marqué l’évolution de sa pensée, Ivan Illich, par sa volonté de réhabiliter la valeur d’usage au détriment de la valeur d’échange. Gorz pense d’ailleurs que la décroissance de l’économie est en marche, mais pour lui, la question est de savoir si elle prendra la forme d’une crise catastrophique ou celle d’un choix de société auto-organisée, au-delà du salariat et des rapports marchands....

Par ce retour sur ses textes en partie anciens, cet ultime recueil est une bonne façon, pour ceux qui n’ont pas encore approché son oeuvre, de s’initier à la découverte d’une pensée majeure.

Et les fidèles lecteurs de Gorz auront plaisir à s’y replonger. »

Christophe Fourel - Alternatives Economiques - n°268 - Avril 2008

Diplomatie hors-série n°13 - Géopolitique et géostratégie des mers et des océans

AREION Group
août-septembre 2010

Avec 71 % de sa surface recouverte par les océans, notre planète reste avant tout une mer parsemée d’îlots. Ces territoires, peuplés d’hommes organisés en nations, n’ont eu de cesse au cours des siècles de dominer les mers à la recherche de nouveaux espaces à conquérir, de nouvelles richesses à exploiter, de nouveaux peuples à dominer.

Cette réalité recouvre cependant des situations variées, tant la géographie de chaque État conditionne le rapport spécifique qu’il entretient avec l’espace maritime.

On dénombre ainsi 43 pays enclavés dans des espaces strictement terrestres, hors de portée de toute mer. De nombreux autres États ont par ailleurs un accès limité à la mer, accès qui souvent constitue un sujet de conflit territorial avec les États voisins.

Trois ans après un premier numéro hors-série de Diplomatie consacré à la géopolitique et à la géostratégie des mers et des océans, nous avons choisi de revenir sur les nouveaux enjeux de cet espace atypique en lui consacrant de nouvelles analyses. Depuis la nouvelle place de l’Europe comme puissance navale avec l’opération Atalanta contre la piraterie maritime, jusqu’à la confrontation des puissances riveraines du Grand Nord, dans la perspective d’une libération des glaces et d’un accès facilité aux hydrocarbures qu’il abrite, les mers et les océans demeurent plus que jamais un formidable catalyseur des rivalités entre États et le révélateur des ambitions géopolitiques que ces derniers nourrissent à l’échelle mondiale.

L'état de la mondialisation 2011
Alternatives Internationales
Edition : Alternatives économiques
2011

Le trimestriel sur l'actualité internationale édité par Alternatives économiques, vient de publier son hors-série annuel "L'état de la mondialisation 2011", réalisé en partenariat avec le CERI-Sciences Po (Centre d'études et de recherches internationales).

Ce hors-série fait le tour, en 148 pages, des grandes questions qui font débat aujourd'hui, avec :

- vingt-cinq synthèses traitant des enjeux du moment (régulation de la finance, migrations, changement climatique, prolifération nucléaire...) ;

- une analyse des "points chauds" de la planète, région par région (ratés de la réforme agraire au Brésil, fracture sociale croissante en Inde, difficile modernisation de la Russie, ambiguités de la croissance africaine...).

- quarante-cinq cartes et 140 graphiques.

 

Agenda

LA MER A L’ENCRE - Trois siècles de cartes marines XVIe au XVIIIe siècles
Centre international de la mer - La Corderie royale - Rochefort - France
12 février - 31 décembre 2011

Au-delà d’un voyage dans la fabuleuse iconographie des cartes et planisphères d’autrefois (avant Beautemps-Beaupré), il s’agit dans cette exposition d’interroger la pratique des marins : comment se repérait-on en haute mer ? La carte était-elle indispensable pour naviguer ? Comment les données d’une carte étaient-elles interprétées ?

L’exposition, ponctuée d’images magnifiques, d’instruments de navigation anciens, d’animations multimédia, met en scène une confrontation constante entre symbolisation cartographique et pratique de la navigation, entre l’œil du cartographe et l’expérience concrète du pilote.

De l’un à l’autre la distance était parfois considérable et l’art de naviguer largement une question … de flair ou de "sens marin".

Les trois temps forts de l’exposition

- Une présentation de l’extraordinaire production cartographique des ports normands du XVIe siècle (Dieppe, Honfleur, Rouen), rapprochée de la réalité de la navigation à l’estime à l’époque de la Renaissance.

- Une partie centrale consacrée au grand œuvre cartographique du siècle classique français, le Neptune François (1693), aboutissement remarquable d’une entreprise conduite par l’État à l’instigation de Colbert : 29 cartes y composent un atlas des côtes d’Europe, de la Norvège à Gibraltar. À cette époque, les méthodes de relevé et d’élaboration des cartes changent en profondeur.

- Enfin l’utilisation du théâtre filmé et vidéo projetée pour embarquer le visiteur sur le pont d’un navire dans un débat (réaliste mais plein d’humour) entre un cartographe du XVIIIe siècle, plongé dans d’abrupts calculs, et un capitaine angoissé confronté à des obstacles bien réels.

Le Musée national de la marine de Rochefort, situé à une encablure de la Corderie royale, propose un intéressant prolongement à l’exposition dans son parcours de visite, abordant notamment la cartographie d’aujourd’hui et de demain. L'exposition présente une exploration de deux univers complémentaires de la cartographie : une "salle aux trésors" présente une sélection de précieux documents cartographiques issus des collections du musée, des XVIe et XVIIe siècles ; une salle multimédia permet aux visiteurs d’appréhender la cartographie marine aujourd’hui et demain ; cet espace ludique et interactif s’appuie sur les technologies numériques.

L’exposition illustre l’importance et l’évolution des cartes dans les préoccupations des marins.

www.musee-marine.fr/site/fr/TRACEZ-LA-ROUTE