DES NOUVELLES D’ETHIOPIE Cette émission a été diffusée la première fois en janvier 2008

Lectures

Les Juifs d'Ethiopie De Joseph Halévy à nos jours. Un siècle de rencontres, 25 ans d'immigration massive
Daniel Friedmann
Les Editions du Nadir Collection "Voix"
2007

C'est en janvier 1985 que les Juifs d'Éthiopie apparurent sur la scène internationale dans la lueur des projecteurs révélant leur exode vers Israël, via le Soudan et ses camps de réfugiés. Quantité d'articles et d'ouvrages, pourtant, avaient été publiés auparavant, et infiniment plus après, concernant leur identité religieuse, puis le laborieux processus de leur intégration en Israël où ils vivent désormais en grande majorité. Les auteurs du présent volume font partie de la Sostej (Société pour l’Étude du judaïsme éthiopien) qui réunit la quasi totalité des chercheurs s'intéressant à cette population. Ce livre traduit un changement d'échelle, les observateurs passant du télescope au microscope. À la différence des ouvrages antérieurs, consacrés au destin collectif de ce peuple, celui-ci explore le rôle méconnu des individus dans l'histoire des Juifs d'Éthiopie, et en particulier celui des découvreurs: Joseph Halévy, Jacques Faïtlovitch, ces sémitisants généreux et marginaux qui, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, allèrent à la rencontre de cette population encore mythique et se heurtèrent à l'indifférence des institutions tant académiques que religieuses, communautaires ou para-étatiques. L’effet des structures d'État sur les immigrants se fait ensuite apparent, avec l'analyse du devenir des enfants éthiopiens à l'école et de la politique israélienne de l’éducation - domaine crucial où se joue l'intégration des Juifs d'Éthiopie.

Daniel Friedmann, chercheur au CNRS, dans le cadre du CETSAH (Centre d’études transdisciplinaires, Sociologie, Anthropologie, Histoire) a longuement travaillé sur les juifs d’Éthiopie. Il a publié notamment Les Enfants de la Reine de Saba et appartient au Bureau de la Sostej (Society for the Study of Ethiopian Jewry).

Éthiopie - Entre ciel et terre
Bernd Bierbaum
éditions du Sextant
06/2007

"C'est au ciel que poussent les fruits les plus suaves." En Éthiopie, ce proverbe est valable pour les Éthiopiens, mais aussi pour tous ceux qui s'attachent à ce pays fascinant. Qui aurait imaginé que dans la tradition éthiopienne le ciel se trouve également sur terre et qu'il est tout en eau ou bien qu'il est bleu comme un saphir et plus rouge que des roses et encore plus blanc que la neige ? Bernd Bierbaum, ethnologue et nomade contemporain, part à la découverte d'un monde mystérieux. Pendant son voyage, il suit le son d'Axoum, de Lalibela ou de Gondar et découvre d'anciennes villes impériales, des paysages extraordinaires puis à Ghion, au bord des chutes du Nil Bleu, le paradis éthiopien. Mais ce sont les hommes et les femmes du pays qui sont encore et encore le véritable centre de ce récit de voyage : Mohammed, le commerçant du "Iceland Shop", le magicien Ioannis, la jeune Éthiopienne Tiruye de Bahir Dar et beaucoup d'autres nous racontent leur vie dans ce pays où le ciel se découvre sans cesse. Le livre est aussi édité en allemand (www.beertree.de) .

Agenda

ANIMAL
Musée Dapper - Paris
du 11 octobre 2007 au 30 mars 2008

De tout temps, les animaux dialoguent de façon ininterrompue avec les hommes. Dans la plupart des sociétés de l’Afrique subsaharienne, la littérature orale s’appuie sur un large bestiaire où le lion, le léopard, l’éléphant, le buffle, le serpent, l’antilope, et bien d’autres encore, prêtent leurs qualités et leurs défauts aux humains. Ces

mêmes animaux, considérés comme des référents majeurs, investissent fortement l’univers du sacré. En effet, l’initiation, moyen privilégié de transmission des connaissances de génération en génération, les pratiques thérapeutiques, les activités de subsistance, chasse, pêche et agriculture, les fondements de l’organisation sociale, recourent sans cesse au monde animal. Les relations étroites, directes ou symboliques, qui unissent bêtes et hommes constituent une source d’inspiration inépuisable pour les sculpteurs, les fondeurs et les ivoiriers.

Cent cinquante œuvres provenant du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, du

Staatliches Museum für Völkerkunde, Munich, du Musée ethnographique, Anvers, du Musée Barbier-Mueller, Genève , du Musée d’Art moderne,Troyes , de l’Université Marc-Bloch Strasbourg, de collections particulières et du Musée Dapper sont proposées dans cette exposition pour une lecture des formes, codes, symboles et métaphores, partagés ou distincts, de la présence animale dans les arts de l'Afrique subsaharienne.

Sous la direction de Christiane Falgayrettes-Leveau, commissaire de l’exposition, anthropologues, ethnologues, historiens d’art, auteurs connus et chercheurs émérites, se penchent sur les comportements, interrogent les systèmes de pensée, fouillent les imaginaires dans un ouvrage de référence qui couvre de grandes aires culturelles. Les spécialistes de même que les amateurs peuvent y trouver des éléments de réflexion et de découverte sur des univers où les frontières entre les animaux et les hommes s’abolissent.