FRANCE / ALLEMAGNE : 2013-2063 ? Cette émission a été diffusée la première fois en janvier 2013

Lectures

France-Allemagne, 50 ans après le traité de l'Elysée
Collectif sous la direction de Georges-Henri Soutou, Pierre Lellouche, Ulrike Guérot, Hans Stark
Politique étrangère, vol° 77, n° 4 / hiver 2012-2013
01/2013

Extrait de l’éditorial de l’Ifri

Au cinquantième anniversaire de leurs relations spéciales, Paris et Berlin seraient-ils deux personnages en quête d’eux mêmes ? Dire "Berlin", c’est déjà faire écho à une puissance retrouvée depuis vingt ans, d’abord dans l’ordre économique et, géopolitiquement, dans l’environnement européen. Au niveau le plus large de la politique étrangère, la nouvelle puissance semble moins assumée, alternativement réticente ou brouillonne : plus de paroles, plus de présence, plus d’interventions même, mais suivant des critères sinueux, mystérieux. (...)

France et Allemagne suivent aujourd’hui, en matière économique ou diplomatique, des chemins qui tantôt divergent, tantôt se rapprochent ; les sociétés intègrent désormais l’amitié ordinaire qui les lie, sans guère s’occuper d’en ranimer la flamme ; et l’ennui cérémoniel remplace l’enthousiasme des premiers anniversaires. Bref, les signes d’amour ont remplacé l’amour, comme en témoigne ce numéro de Politique étrangère.

Le dossier "Le commerce international au XXIe siècle" qui suit le dossier "France-Allemagne, 50 après le traité de l’Élysée" fait le point sur l’organisation des échanges mondiaux, ses formes évolutives, en tentant de mettre en valeur la tendance de fond : celle de l’ouverture des sociétés et des économies, désormais inscrite dans les processus de production eux-mêmes. La négociation des accords de commerce, la constitution d’espaces d’échange privilégiés constituent ainsi – comme en témoignent les débats entre Europe et Asie ou entre Europe et Amérique – des référents fondamentaux de la gouvernance mondiale : c’est aussi, peut-être surtout, à travers eux que se dessine le nouveau monde des rapports de puissance.

Le « grand Sud » de l’Europe est aussi présent dans ce numéro : relations Israël / pays du Golfe, Qatar, Sahel…

La France, l'Allemagne et le Traité de l'Elysée
Corine Defrance et Ulrich Pfeil
CNRS
06/2012

Présentation de l’éditeur

Signé en janvier 1963, le Traité de l'Elysée s'insère dans un processus de rapprochement entamé bien en amont, mais marque cependant un moment symbolique majeur et entame l'ère de l'institutionnalisation des relations bilatérales. Il proposait un nouveau modèle d'entente et créait une dynamique sans précédent, faisant du "couple" franco-allemand le véritable moteur de la construction européenne.

Cinquante ans après, cet ouvrage étudie, sur la longue durée, tous les domaines de cette relation privilégiée. Comment le traité fut-il conçu et rédigé ? Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Et quel avenir pour le couple franco-allemand dans l'Europe des Vingt-sept ?

À propos des auteurs

Corine Defrance est historienne et chercheur au CNRS. Ulrich Pfeil est professeur de civilisation allemande à l'Université de Lorraine-Aletz.

 

France-Allemagne : une union menacée ?
Jacques-Pierre Gougeon
Armand Colin
03/2012

Extrait d'une analyse d'Yves Gounin, directeur adjoint de cabinet du nouveau ministre des Affaires européennes, Jean Leonetti, parue dans la revue Politique Étrangère de l'Ifri

« Ancien conseiller culturel à Berlin, Jacques-Pierre Gougeon est un germaniste réputé. Le titre de son dernier ouvrage est trompeur. Il n’y est pas question de la crise d’une quelconque "union" franco-allemande, mais bien du fossé grandissant qui sépare une France en déclin d’une Allemagne en pleine ascension. Jacques-Pierre Gougeon évoque un "grand écart" qui se serait creusé depuis une dizaine d’années. L’Allemagne a une croissance plus forte, un chômage plus faible, des finances publiques mieux gérées et une économie plus compétitive que la France. La maîtrise du coût du travail et les réformes mises en œuvre par G. Schröder ne sont que deux éléments parmi un faisceau de facteurs. La réussite allemande plonge en fait ses racines dans des causes plus structurelles : un dense réseau de "grosses PME", une spécialisation dans le "haut de gamme", une bonne implantation dans les pays importateurs, etc.

Plus grave que cet effet de ciseaux objectif est la perception qu’on s’en fait, des deux côtés du Rhin. Vue d’Allemagne, la France n’est plus qu’une "Grande Nation ganz klein", (titre d’un article du Frankfurter Rundschau du 12 août 2011), qui compense sa propre incertitude sur sa grandeur perdue par de la crispation et de la gesticulation. C’est sous ce registre-là que de nombreuses actions du précédent président français ont été ironiquement commentées : le projet d’Union pour la Méditerranée, la médiation française dans la crise géorgienne à l’été 2008, la crise bruxelloise provoquée par le discours anti-Roms de Grenoble en juillet 2010, l’intervention militaire en Libye – interprétée en Allemagne comme la tentative maladroite de Paris de "restaurer son image" après les "printemps arabes"…

Cette France qui décline voit avec inquiétude sa voisine assumer sans vergogne son statut tout neuf de grande puissance. "Puissance centrale en Europe" (ainsi désignée dans un livre de 1994 par le grand historien Hans-Peter Schwarz), l’Allemagne ose désormais dire non aux États-Unis qui voulaient qu’elle intervienne en Irak en 2003, voire, au risque de l’isolement, à tout le camp occidental engagé en Libye en 2011.

Cette nouvelle "Allemagne-puissance" porte sur son passé un "regard plus libre". La comparaison, là encore, ne tourne pas à l’avantage de la France, dont le passé "a du mal à passer", qu’il s’agisse du régime de Vichy ou de la guerre d’Algérie. L’Allemagne, au contraire, relève le défi de la construction d’une mémoire collective commune aux deux moitiés du pays. Une nouvelle génération d’historiens procède à une relecture de la période nazie.

Cette relecture de l’histoire s’inscrit à charge (le passé colonial de l’Allemagne est désormais assumé) et à décharge (la célébration du 300e anniversaire de la création de la Prusse a été l’occasion de sa réhabilitation).»

J.-P. Gougeon a actuellement la responsabilité des relations avec l’Allemagne auprès du Premier ministre.

 

Points de vue - Sichtweisen : France-Allemagne, un regard comparé
Bérénice Manac'h, Frank Baasner et Alexandra von Schumann
NDV
01/2012

La coopération franco-allemande repose sur un tissu dense et fiable d’organismes publics et privés. Cet aperçu comparatif des deux sociétés s’adresse à tous ceux qui sont impliqués, par choix ou par nécessité professionnelle, dans des contacts suivis avec le pays partenaire. Ce livre bilingue, écrit dans un style facilement compréhensible, propose des informations, des analyses et des commentaires fondamentaux sur les réalités françaises et allemandes. Le regard comparé permet de mettre l’accent sur les similitudes et les différences, et de constater les perceptions mutuelles entre Français et Allemands.

La presse en France et en Allemagne - Une comparaison des systèmes (suivie d'un lexique allemand-français de la presse)
Valérie Robert
Presses Sorbonne Nouvelle
03/2012

Présentation de l’éditeur

En quoi la presse allemande est-elle "allemande" ? En quoi la presse française est-elle "française" ? Quelles sont leurs spécificités respectives ? Cette présentation croisée de la presse en France et en Allemagne vise à répondre à ces questions par un état des lieux actuel. Une comparaison des deux systèmes permet de décrire et d'expliquer autant leurs ressemblances que leurs divergences, en décentrant le regard pour remettre en cause quelques idées reçues.

On aborde ainsi le cadre juridique, le rapport de la presse à l'État, le modèle économique, la propriété de la presse, les différents types de presse, les pratiques journalistiques, sans oublier la presse en ligne. L'ouvrage comporte plus de cinquante schémas et tableaux originaux présentant les données actuelles, un lexique allemand-français de la presse et une bibliographie bilingue. Il s'adresse à des étudiants de licence, master et doctorat en études germaniques, cursus franco-allemands, langues étrangères appliquées, sciences de l'information et de la communication, sciences politiques, tout comme à des étudiants en écoles de journalisme.

Cette synthèse s'adresse également à un public non-universitaire qui s'intéresse aux questions franco-allemandes et à la structuration des médias dans les différents pays.

Construction d'un imaginaire collectif européen - Du Moyen Âge aux débuts des Lumières, Allemagne, France, Pologne : unité et diversité
Leszek Kanczugowski Avec la participation de nombreux intervenants dont André Vauchez, Gert Melville...
Lethielleux
08/2012

Présentation de l’éditeur

L’Europe d’aujourd’hui est l’héritière d’une histoire culturelle, artistique et religieuse commune et en grande partie méconnue.

Comment entre guerres et alliances et interactions multiples s’est construit un imaginaire européen partagé ?

Le Moyen Âge fut le creuset des racines invisibles et des présences manifestes qui habitent nos diverses mémoires européennes. Tant pour le citoyen que pour le scientifique, il reste un sujet inépuisable d’interrogations. Des personnalités d’Allemagne, de France et de Pologne qui ont revisité cette histoire, à la lumière des questions contemporaines, sont invitées à croiser leurs regards sur la naissance et la formation d’un tel imaginaire commun.

 

Fotografie N° 66 Robert Capa
Revue éditée par Jochen Siemens- distribuée par teNeues (www.teneues.com) - Texte en anglais et en allemand
01/2012

Cette étonnante collection présente les œuvres les plus célèbres du photographe légendaire ainsi que quelques images récemment redécouvertes. Né à Budapest en 1913, l'autodidacte Robert Capa est considéré comme le père du photo-journalisme. Fervent militant anti-guerre, c'est son puissant témoignage de la guerre civile espagnole qui lui valut une célébrité mondiale.

Parti aux Etats-Unis en 1939, il est devenu correspondant de guerre pour le magazine Life et l'armée américaine. Il a cofondé l'agence Magnum Photos.

Sa courageuse chronique du débarquement des Alliés a gagné un succès critique et public. Capa est mort prématurément, en 1954, suite à une grave blessure par mine au Vietnam.

Un hommage digne d'un personnage crucial dans le photo-journalisme

Une chronique fascinante de quelques-uns des grands moments du XXe siècle.

Le ciel divisé
Christa Wolf
Stock
10/2011

Présentation de l’éditeur

Le ciel divisé, paru anciennement sous le titre Le ciel partagé, est le premier roman de Christa Wolf et celui grâce auquel elle connut un immense succès ; traduit dans une vingtaine de langues, adapté au cinéma par Konrad Wolf, grand réalisateur de la RDA, il s'en vendit des milliers d'exemplaires.

Quand Rita rencontre Manfred, elle vit dans son village natal où elle exerce un travail alimentaire de peu d'envergure. Mais elle a d'autres rêves. S'éprenant de lui, elle va alors tout quitter pour le suivre en ville, où elle pourra à la fois intégrer une brigade de production d'une entreprise de wagons et devenir institutrice. Nous sommes en août 1961, en RDA, juste avant l'édification du mur de Berlin. Et quand Manfred décide de s'enfuir vers l'ouest, Rita se trouve face à un dilemme : doit-elle le suivre et demeurer une étrangère dans cette ville inconnue ou rester chez elle, seule ? Ce grand roman de Christa Wolf évoque avec brio la division présente dans chacun de nos êtres lors des choix cruciaux qui jalonnent notre existence. En évoquant la période charnière qui sépara l'Allemagne en deux, elle fait ressurgir la profonde injustice de l'Histoire qui sépare les êtres ; même ceux qui s'aiment.

« Les lecteurs français de Christa T., Trame d'enfance, Aucun lieu. Nulle part, Cassandre et de quelques autres livres de la grande écrivaine allemande peuvent désormais découvrir ou redécouvrir en ces pages les prémices d'une des oeuvres essentielles de la littérature contemporaine. »

Alain Lance et Renate Lance-Otterbein

À propos de l’auteur

Née en 1929 en Prusse, Christa Wolf est l’un des plus grands écrivains de langue allemande. Christa Wolf n’est cependant jamais devenue un écrivain officiel de la RDA, pas plus que de l’Allemagne réunifiée. Elle n’a jamais rien sacrifié de son autonomie de pensée, à la notoriété, à l’opinion ou aux modes culturelles. Elle est le symbole d’une Allemagne ouverte à l’autre et aux autres. Son œuvre, traduite dans le monde entier, a été largement distinguée en Allemagne par les prix les plus prestigieux : prix national de la RDA, prix Georg Büchner, prix Thomas Mann et prix Uwe Johnson, parmi d’autres. Elle s’est éteinte à l’âge de 82 ans, en décembre 2011.

 

Ville des anges
Christa Wolf avec la traduction de Alain Lance et Renate Lance-Otterbein
Seuil
09/2012

Présentation de l’éditeur

En automne 1992, trois ans après la chute du mur, puis deux ans après la réunification des deux Allemagnes en octobre 1990, Christa Wolf, 63 ans, foule le sol américain pour la première fois de sa vie et séjournera neuf mois dans la lumière californienne. La narratrice de ce roman, une écrivaine de l’ex-RDA – Christa Wolf elle-même ? – s’éloigne d’une Allemagne qu’elle ne supporte plus. Grâce à une bourse d’auteur en résidence, elle se rend à Los Angeles pour éclaircir un mystère : son amie Emma lui avait remis avant de mourir un paquet de lettres signées L.

Qui est cette L ? Une amie exilée aux États-Unis pour fuir le nazisme? Pourquoi Emma lui a-t-elle caché son existence ? Au rythme d’une prose d’une grande virtuosité, Christa Wolf entremêle narration et réflexion, le récit du séjour californien (reportages sur les quartiers pauvres de Los Angeles, sur les visites à Pacific Palisades des villas de Thomas Mann et de Bertolt Brecht, écrivains qui hantent l’ouvrage) et les évocations des moments clefs de sa vie : son enfance sous le Troisième Reich, l’exode du printemps 45, les premières années enthousiastes dans une Allemagne de l’Est portant l’espoir d’un monde meilleur.

Puis le temps des désillusions, des graves conflits, enfin le bouleversement de l’automne 89, et le rôle important qu’elle y joua. Mais une blessure habite aussi le cœur de ce récit : les accusations de collaboration avec la Stasi de 1959 à 1962 portées contre Christa Wolf, en son absence, par les médias ouest-allemands. L’auteure s’oblige alors à exhumer ses souvenirs personnels, à s’y confronter : un douloureux travail sur soi que l’éloignement permet enfin.