L’EUROPE AGRICOLE, UNE NÉCESSITÉ ? Cette émission a été diffusée la première fois en juin 2008

Lectures

L'Europe prochaine : regards franco-allemands sur l'avenir de l'Union européenne
sous la direction de Martin Koopmann et Stephan Martens
L'Harmattan Collection : Logiques politiques
06 2008

Voici un point sur la construction européenne : si ce sont la France et l'Allemagne qui ont donné les impulsions décisives pour faire avancer la Communauté (l'Union) européenne, l'Europe a acquis depuis 1989/1990 une autre dimension et le rôle du partenariat franco-allemand s'est qualitativement transformé. Chercheurs et universitaires français et allemands expriment leur point de vue sur les processus d'intégration européenne, le rôle et la place de l'Europe dans le monde.

Contributions évoquant les multiples perspectives qui s'articulent autour de quatre grandes thématiques : questions d'actualité et arrière-plan historique ; l'Union européenne à 27 et plus : les défis d'un élargissement inachevé ; la question du leadership dans l'Union européenne ; l'Union européenne et les défis extérieurs.

Union européenne : les enjeux de la présidence française

La Documentation française Collection Regards sur l’actualité n° 340
Mai 2008

La présidence française du Conseil de l’Union européenne au second semestre 2008 ne sera pas une présidence tout à fait comme les autres. Elle devrait être la dernière (ou l’une des toutes dernières) du genre avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. La présidence semestrielle tournante sera alors remplacée par un président du Conseil européen élu pour deux ans et demi.

Dès l’été 2007, la France, l’un des pays fondateurs du projet européen, a fait connaître les quatre grandes priorités qui marqueront sa présidence : l’énergie, l’environnement, l’immigration, la sécurité et la défense. Un article est consacré à l’analyse de chacune de ces orientations. À ces quatre priorités s’ajoute le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) du président Sarkozy qui implique tous les États membres de l’Union et non les seuls riverains de la Méditerranée. La France souhaite aussi amorcer le débat sur la réforme d’une politique agricole commune prenant mieux en compte la préférence communautaire, la sécurité alimentaire européenne et mondiale et la contribution de l’agriculture à la sauvegarde de l’environnement et à l’aménagement du territoire. Enfin, la présidence française de l’Union européenne devra préparer l’entrée en vigueur, prévue au 1er janvier 2009 si le processus de ratification par les 27 États membres est achevé, du « traité simplifié » signé à Lisbonne le 12 décembre 2007. Elle sera évaluée non seulement à sa capacité de faire avancer ces dossiers, mais à celle de se mettre au service de l’intérêt européen et à dégager des compromis équitables. Au sommaire de ce numéro également : Le budget de l’État pour 2008 et les choix d’investissement dans les hôpitaux.

Agriculture : l’Europe doit choisir son camp

Alternatives Internationales
mars 2008

Les Etats européens réexaminent cette année la politique agricole commune, qui représente près de la moitié du budget de l'Union. Les « Vingt-Sept » peinent à inventer un modèle productif socialement équitable et écologiquement responsable.

« Rural ou citadin, chacun en pince davantage pour les bocages et les alpages pâturés que pour de mornes plaines gorgées de nitrates et la puanteur des élevages industriels. Le citoyen peut donc comprendre qu'il doive y être un peu de sa poche pour que ses verts paysages ne deviennent pas des déserts voués à la friche ou à la monoculture intensive. Mais quand sa contribution - 9 euros par mois et par Européen - va en priorité à ceux des agriculteurs qui saccagent le plus l'environnement - grands céréaliers et éleveurs intensifs notamment -, il se sent floué.

Il est logique que certains soient plus aidés que d'autres. On rémunère en effet mieux son travail en vendant du foie gras ou du vieil armagnac que des tonnes de blé. Ainsi, dans la France de 2005, les aides d'un producteur en grandes cultures (céréales, oléoprotéagineux) dépassaient de moitié son résultat net. Sans les aides, son revenu annuel aurait été très négatif. Cet agriculteur n'est pas riche pour autant: 20 000 euros par an en moyenne s'il travaille à temps plein. C'est beaucoup moins que les 36 000 euros que gagne un viticulteur moyen, quant à lui peu subventionné, mais beaucoup plus qu'un horticulteur, lui aussi fort peu aidé, qui se contente de 14 000 euros en moyenne. Cependant, quand les cours mondiaux des céréales explosent (de 100 euros la tonne de blé en 2005 à 250 euros ces derniers mois) sans que les aides ne soient baissées, la compréhension du contribuable touche sa limite.

La négociation du budget de la PAC pour l'après 2013 démarre dès cette année, alors qu'avec les cours élevés éclatent au grand jour les inégalités de la politique agricole, entre producteurs, entre productions, entre Etats membres, entre générations présentes et futures. L'occasion de remettre les pendules à l'heure ? Encore faudrait-il que les Vingt-Sept admettent que les intérêts nationaux ne peuvent être l'alpha et l'oméga de leurs arbitrages financiers. Le risque est en outre que les prix agricoles, promis à rester élevés pour cause de demande asiatique soutenue et de boom des agrocarburants, ne soient un prétexte pour réduire le budget de la PAC à moindres frais politiques. On n'aurait pu pourtant rêver meilleur contexte pour répartir autrement les aides, en fonction d'orientations que le débat démocratique devrait définir.

Car la PAC ne coûte pas si cher. Il faut en mesurer le prix réel à l'aune de ce que les Etats auraient dépensé s'ils avaient dû financer leur politique agricole sur une base nationale. Si elle représente près de la moitié du budget européen - lui-même 1 % du PIB des Etats membres -, c'est qu'elle est le seul secteur économique organisé sur la base communautaire. Ce n'est pas le budget de la PAC qu'il faut réduire, c'est l'Europe qu'il faut reconstruire. » Antoine de Ravignan

La politique agricole commune (PAC) : une politique en mutation
Jacques Loyat & Yves Petit
Documentation française Collection Réflexe Europe
02 2008 (3e édition)

Les auteurs retracent l'évolution historique de la politique agricole commune (PAC) depuis sa mise en place. Ils décrivent également ses mécanismes, son fonctionnement et le régime juridique du système commun, puis présentent les productions agricoles et leur réglementation, ainsi que les enjeux et l'avenir de la PAC.

Agenda

De la garrigue au littoral
Agropolis-Museum Montpellier

C’est en 1986 que fut proposée au Conseil d'Administration d'Agropolis la création d'Agropolis-Museum, musée sur l'alimentation et l'agriculture envisagées à l'échelle mondiale. Conçu comme institution de relations culturelles entre la communauté scientifique et les citoyens, Agropolis-Museum est aussi un centre de recherche sur la formation et la diffusion de la culture scientifique. Certains des grands instituts de recherche et d'enseignement présents sur le site d'Agropolis, tels que le CIHEAM, le CIRAD, le CNEARC, l'INRA et l'IRD (anciennement ORSTOM) sont présents dans plusieurs pays du monde, facilitant la collecte des objets muséographiques et la diffusion des expositions itinérantes. Agropolis-Museum est structuré en trois pôles : Le musée proprement dit, un département d'animation qui organise des manifestation scientifiques et culturelles autour de thèmes concernant notre champ d'action et diffuse les expositions itinérantes et un Cyber-Museum qui propose en ligne des expositions pédagogiques en ligne.

Deux nouvelles expositions temporaires auront cours dans cette période estivale.

Du 5 juin au 25 juillet 2008 : « De la garrigue au littoral, une promenade de santé ». La Méditerranée ne baigne pas seulement les plages, elle pénètre les terres par ses lagunes et ses étangs, elle est encore présente au coeur du territoire à l'horizon des garrigues.

Cette influence a dessiné un paysage singulier : zones humides en littoral, garrigues arides dans l'intérieur des terres. Sont reconnus aujourd'hui leur richesse et leur intérêt mais aussi leur grande fragilité. Cette exposition invite à la découverte de ces paysages, ainsi qu'à la rencontre avec ces terroirs et leurs produits... L'exposition s'intéresse prioritairement aux garrigues du Gard et de l'Hérault, entre vallée de la Cèze et vallée de l'Hérault. Ce vaste territoire concentre des problématiques similaires concernant l'identité et l'avenir de ces paysages : expansion urbaine, fermeture des milieux naturels, développement des filières agricoles de qualité, conservation du patrimoine, gestion de la ressource en eau, protection des paysages ...

Du 2 avril au 14 juillet 2008, Au travers d'animations et d'expériences plutôt destinées aux enfants, Agropolis-Museum accueille aussi l'exposition temporaire "De l'herbe au lait" : D'où vient le lait, quels modes de production des produits laitiers, quelles propriétés nutritionnelles ?