LA FABLE DU LITHIUM ET DE LA BOLIVIE Cette émission a été diffusée la première fois en novembre 2012

Lectures

La Cordillère des Andes, demeure des dieux - Rituels et prières des Indiens Kallawayas (Bolivie)
Ina Rösing et Pierre Erny
Jérôme Do Bentzinger
11/2010

Les Indiens Kallawayas de Bolivie, implantés dans une région de haute montagne, au cœur de la Cordillère des Andes, sont réputés en Amérique du Sud pour être des guérisseurs ambulants ayant recours aussi bien aux plantes médicinales qu'à des prières et à des rites qui exigent une large manipulation de symboles.

Leur art s'inscrit dans une "cosmovision" selon laquelle des êtres invisibles – dieux, esprits bienveillants et malveillants – peu personnifiés sont présents derrière les manifestations de la nature quelles qu'elles soient : montagnes, sources, lacs, roches, foudre. Tout lieu est un lieu saint auquel il faut témoigner attention et respect. Ces entités accordent leurs faveurs et leur protection aux hommes à condition qu'en retour, ceux-ci soient généreux en offrandes selon un principe de réciprocité qui régit toute l'existence.

Ina Rösing, née en 1942, a dirigé l'Institut d'anthropologie culturelle à la faculté de médecine d'Ulm, en Allemagne. Elle est aussi fondatrice, à Ulm, de l'Institut für Transkulturelle Forschung.

Pierre Erny, né en 1933, est professeur émérite de l'université de Strasbourg, spécialisé en ethnologie de l'éducation et en anthropologie religieuse. Pierre Erny propose ici une présentation d'ensemble de l'œuvre de l'ethnologue allemande, Ina Rösing.

 

Voyage au Pérou et en Bolivie (1875-1877)
Par Charles Wiener, préfacé par Pascal Riviale
Ginkgo
10/2010

Charles Wiener (1851-1913) occupe une place particulière parmi les explorateurs du XIXe siècle.

Né en Autriche et installé avec sa famille à Paris, Charles Wiener s'intéresse très tôt aux civilisations précolombiennes. C'est donc à l'âge de 24 ans qu'il entreprend son premier voyage dans les Andes, prélude à une longue carrière d'explorateur et de diplomate au service de la France. Entre 1875 et 1877, il arpente ainsi le Pérou et la Bolivie à la recherche des civilisations précolombiennes, que l'on ne connaissait que fort peu à l'époque.

Voyage au Pérou et en Bolivie, publié en 1880, nous livre de passionnantes informations sur les régions traversées et sur les populations rencontrées. Ce récit associe de manière originale la description savante et l'aventure au sens propre du terme (courses-poursuites à cheval, attaques de bandits de grands chemins, duels au revolver). On y apprend aussi comment, trente-cinq ans avant sa découverte officielle, Wiener tenta de localiser et d'explorer une cité mystérieuse dont il avait entendu parler : Machu Picchu.

Aujourd'hui réédité avec la plupart des superbes illustrations d'origine, Voyage au Pérou et en Bolivie est un précieux témoignage sur le monde latino-américain à l'aube de l'ère industrielle. Il est accompagné d'une introduction de Pascal Riviale, docteur en histoire, spécialiste de l'histoire des voyages en Amérique latine et de l'histoire des collections américaines de France.

La Bolivie - Histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif
René Garcia, avec une préface d’Harvey Claflin Mansfield
L'Harmattan / Collection : Inter-National
03/2010

Depuis le début du XXIe siècle, la Bolivie connaît des changements historiques importants. L'élection d'Evo Morales, premier président indien en Amérique latine, et les changements constitutionnels qui ont accompagné ce processus ont redessiné le paysage institutionnel de ce pays. Pour comprendre ces bouleversements, il faut avoir une interprétation globale de l'histoire constitutionnelle de la Bolivie.

La question centrale qui se pose au moment de la naissance du constitutionnalisme bolivien est celle – implicite dans la pensée de Simon Bolivar – de la conciliation entre la légitimité démocratique et la nécessaire puissance de l'État.

Cet ouvrage revient aux origines théoriques du pouvoir exécutif à partir de l'étude du cas bolivien. Ce livre est l'un des premiers à étudier l'ensemble de l'histoire constitutionnelle de la Bolivie à travers la notion d'ambivalence du pouvoir exécutif. Comme le dit Harvey C. Mansfield dans sa préface : "Le texte qui suit est un modèle d'analyse rigoureuse en science politique".

Jean-René Garcia, titulaire d'un doctorat en droit (université Sorbonne Nouvelle Paris 3) est chercheur au Credal/CNRS. Ayant vécu plusieurs années en Amérique latine, il a été chercheur associé à l'université de la Cordillera, à La Paz, en Bolivie, et a publié plusieurs articles sur la Bolivie. Membre du cabinet du ministre de l'Éducation nationale et de la Recherche en 2006-2007, puis membre du cabinet du ministre de l'Intérieur en 2007, il est actuellement conseiller du président de l'Institut des Amériques.

 

La Bolivie d'Evo - Démocratique, indianiste et socialiste ? Points de vue du Sud
Sous la responsabilité éditoriale du Centre tricontinental
Syllepse / Collection Alternatives Sud - Volume 16 - N° 3/2009
09/2009

Habituellement épinglé comme l'un des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental en dépit de ses importantes richesses naturelles, la Bolivie affiche aujourd'hui l'image d'un État engagé dans une dynamique historique de refondation de ses structures économiques, sociales et institutionnelles. Priorités du gouvernement d'Evo Morales : la récupération de la souveraineté nationale, la redistribution sociale des revenus, la reconnaissance de la diversité culturelle et la revalorisation de la démocratie.

Trop conciliant ou pragmatique pour les uns, centralisateur ou inefficace pour d'autres, son nationalisme de gauche, son idéal socialiste aux accents indianistes effraie avant tout l'élite blanche des riches régions orientales de la Bolivie ainsi qu'une certaine communauté internationale. Renégociation des contrats d'exploitation des hydrocarbures avec les multinationales, refonte complète de la Constitution nationale, nouvelles répartitions agraires... la liste des acquis s'allonge. Mais un projet aussi "populaire" peut-il s'inscrire dans la durée ?

 

Volt ! La voiture électrique sauvera-t-elle le monde ?
Serge Enderlin
Le Seuil / Collection : Essais (H.C.)
03/2012

Les électrons remplaceront-ils l'essence pour alimenter les moteurs de nos voitures ? Présentée comme une solution “verte” idéale pour sauver la planète menacée par le réchauffement climatique, la voiture électrique fait l'objet depuis quelques années d'une sorte de consensus : avec elle, nous ne renoncerons pas à notre mobilité individuelle, nous n'émettrons plus de CO2. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pas si vite ! D'où viendra le courant “propre" pour recharger les batteries ? Qui sont les acteurs de cette mutation ? Quels sont leurs objectifs réels ? Comment s'assurer, en effet, qu'il ne s'agit pas d'une fausse piste, comme l’a été celle des biocarburants ? L'histoire de l'énergie est peuplée de rêves brisés, de percées technologiques illusoires : ne faut-il pas y regarder de plus près ?

C’est ce qu’a fait Serge Enderlin, parcourant les lieux où se dessine peut-être cet avenir idéal. De Detroit, capitale sinistrée de l'automobile, à Shenzhen, laboratoire de l'excellence chinoise, en passant par Tel-Aviv et les hauteurs de l'altiplano bolivien où se trouvent de gigantesques réserves de lithium, le métal stratégique de demain, ce carnet de route, précis et alerte, fait aussi la part belle aux portraits de ceux qui y croient ou pas.

Serge Enderlin est grand reporter, journaliste indépendant, spécialiste des rapports de forces géopolitiques et énergétiques. Ses reportages sont publiés et diffusés dans plusieurs pays d’Europe. Il est l'auteur d’Un monde de brut, sur les routes de l'or noir, avec Serge Michel et Paolo Woods (Seuil, 2003) et de L'après-pétrole a commencé (Seuil, 2009).