LE 400e DE QUÉBEC Cette émission a été diffusée la première fois en novembre 2008

Lectures

La mesure d'un continent Atlas historique de l'Amérique du Nord, 1492-1814
De Raymonde Litalien, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois
PUF Paris-Sorbonne /Les éditions du Septentrion Collection : Géographie
12/2007

En mars 1493, Christophe Colomb rentre d'un long voyage, persuadé d'avoir atteint les Indes. Pour atteindre l'Orient et ses trésors, il a fait le pari de traverser l'Atlantique. En réalité, il s'est heurté à un obstacle de taille ; un immense continent lui barre la route de la soie et des épices. Des cartographes français le baptisent America. C'est le début de grandes explorations. À la recherche d'un passage vers l'Ouest, marchands, navigateurs, militaires et ingénieurs en explorent les confins en compagnie des Indiens, des missionnaires et des coureurs des bois. Ils sillonnent les rivières, franchissent les portages, traversent les montagnes et parcourent les plaines. Ils dessinent et cartographient le territoire en même temps qu'ils présentent ses habitants. Ils découvrent au passage les richesses de ces terres. Avec le poisson, la fourrure, le bois, les métaux, de passage, le continent se fait habitat. Il faudra attendre 1793, soit trois siècles après Colomb, pour qu'Alexander Mackenzie puisse inscrire sur un rocher face à l'océan Pacifique " from Canada by land ". Mais la route qu'il a suivi depuis le Canada d'alors est totalement impraticable. Dix ans plus tard, ce sont les Américains Lewis et Clark qui réussissent une autre traversée du continent, en passant du Missouri au Columbia, deux majestueux cours d'eau hélas séparés par de redoutables chaînes de montagnes. En 1814, chacun de leur côté, William Clark et le Canadien David Thompson préparent d'immenses cartes sur lesquelles ils font la synthèse de leurs connaissances. La voie navigable tant recherchée n'existe toujours pas. Il y a bien toutefois ce fameux passage du Nord-Ouest, maintenant ouvert quelques semaines par an, qui permet d'aller de l'Atlantique au Pacifique, devenant ainsi un formidable enjeu international. Mais c'est une autre histoire. Pour l'instant, la parole est à ceux, Blancs et Indiens, qui ont marché, exploré et cartographié l'Amérique. Œuvres d'art, œuvres de sciences, mais aussi pièces stratégiques d'un échiquier mondial, les cartes géographiques qu'ils nous ont laissées sont d'irremplaçables témoins de cette quête de savoir. Elles tracent une nouvelle histoire de l'Amérique du Nord, nous permettant de prendre La Mesure d'un continent.

Amérique française l'aventure
Alain Beaulieu , Yves Bergeron
Éditions Fides Collection : images de sociétés
01/2003

L'implantation des Français en Amérique remonte au XVIe siècle, avec les premiers voyages d'exploration de Jacques Cartier, mais ce mouvement ne prend vraiment forme qu'au XVIIe siècle, avec le développement du commerce des fourrures.

Le siècle et demi qui suit la construction d'un petit poste de traite à Québec, en 1608, annonce une prodigieuse expansion géographique des Français en Amérique du Nord. Grâce à ses postes de traite répartis sur une grande partie du territoire, la France affiche alors ses prétentions sur la majeure partie du continent nord-américain. Les Français explorent et nomment ces lieux, y établissent des bases commerciales et militaires et nouent de nouvelles relations commerciales et politiques avec les Autochtones qui les habitent.

L'Amérique française telle qu'elle se présente à l'observateur d'aujourd'hui est loin d'être une réalité homogène. Les communautés francophones hors Québec ne sont pas des " Petits Canadas ". Le géographe Éric Waddell a bien décrit le choc culturel subi par les voyageurs québécois, dont lui-même, sur la route de l'Amérique française. Habités par " le rêve d'une Amérique française homogène et solidaire ", ils ont en fait découvert la différence et " se sont vite rendus à l'évidence : les Francos de ce continent ne venaient pas d'une seule souche, ils ne parlaient pas une seule et même langue, ils ne tenaient pas le même discours, ils n'avaient pas non plus les mêmes aspirations ".

C'est dans cet esprit que le présent ouvrage propose un portrait de la mosaïque culturelle de l'aventure française en Amérique du Nord.

Géopolitique de la langue française Revue Hérodote n°126
Béatrice Giblin
La découverte
2007

Ce numéro est le résultat d’un colloque international que l’Institut français de géopolitique a organisé en novembre 2006 à l’occasion du centenaire de la naissance de Léopold Sedar Senghor qui fut un des précurseurs, avec Aimé Césaire, de l’appropriation de la langue française perçue comme un outil intellectuel propice au développement de son peuple. Ce fut une volonté explicite d’assimiler la liberté et la force offertes par une grande langue pour ne pas être assimilée par la société d’origine de cette langue, la France. La mise en place des institutions de la francophonie a d’ailleurs été impulsée à partir de ces pays, pour lesquels la langue française représentait une ouverture de soi vers le monde et du monde vers soi.

Pourtant, alors même que se consolide l’édifice de la francophonie, on peut se demander si le français représente toujours une ouverture vers le monde, et quel type d’ouverture du fait de l’expansion de l’influence culturelle et économique de la société américaine ? L’usage actuel de la langue française dans de nombreux pays, malgré parfois la volonté de leurs dirigeants, comme en Algérie, a des résonances politiques et culturelles qui sont à explorer pour mieux comprendre non seulement les rapports de la langue française au monde, mais aussi, ou surtout, l’inscription de ces sociétés francophones dans l’universalité contemporaine.

Et le Québec ? Le Québec est en quelque sorte un laboratoire pour l’étude de la fonction politique de la langue. On peut même dire que la langue et le territoire sont étroitement liés. Mais les représentations géopolitiques liées à la langue ont évolué. Comme l’écrit Joseph Yvon Thériault, « depuis plus de deux siècles, la question de la langue et de sa mémoire est au coeur de la question politique du Québec. C’est pourquoi l’historique de ce questionnement est un puissant révélateur de la dynamique politico-identitaire qui s’est jouée et se joue au sein de l’espace québécois, tout comme du rapport plus général entre langue, politique et société dans la modernité ». L’interrogation de Joseph Yvon Thériault porte sur les rapports entre langue, civilisation et culture, à la lumière de l’histoire de la langue nationale. C’est pourquoi la question du Québec reste une question politique centrale aujourd’hui : comment maintenir par la langue un lien entre civilisation et culture ?

L’avenir de la francophonie Revue Internationale et Stratégique n°71
Nombreuses contributions
IRIS
Automne 2008

Le grand public face aux questions internationales / Hubert Védrine et Jean-Christophe Victor

Le dialogue est-il encore possible au Proche-Orient ? / Régis Debray et Marek Halter

Le dossier : L'avenir de la Francophonie / sous la direction de Didier Billion :

Francophonie et diversité culturelle.

Francophonie et développement durable.

L'OIF, nouvel outil de prévention des conflits.

La francophonie, vecteur d'influence et outil de solidarité.

Palestine
Hubert Haddad
Zulma
2008

Créé en 2001 par l'Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents consacre un roman d’un écrivain témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française.

Le jury du Prix des cinq continents de la Francophonie, réuni le 26 septembre au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie à Paris, a désigné Hubert Haddad (France-Tunisie), comme lauréat 2008 pour son roman Palestine (Éd. Zulma). Le jury a distingué « une fable politique en français, qui parle l’arabe et l’hébreu, où l’écriture lyrique se mêle au sens aigu du réel. »

Le Prix qui récompense tous les ans un roman d’expression française a été remis le 13 octobre à Québec, par Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie, en marge du XIIe Sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie.

"Palestine" de Hubert Haddad : Le livre

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute… Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade. C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée. Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastìn - moderne Antigone - toute l’horreur du conflit en une tragédie emblématique d’une grande beauté.

Agenda

Cinéma du Québec Paris/Lyon/Liège/Cannes

Du 26 novembre au 2 décembre 2008

" Je souhaite que notre cinéma reste authentique, inventif et audacieux, articulé dans notre langue sensuelle, railleuse et qui vient du ventre. C’est ce cinéma-là que j’ai envie de partager avec vous. Je vous invite donc chaleureusement à plonger dans cette lumière nordique aux multiples reflets en vous promettant que vous ferez un beau voyage." Pascale Bussières.

Cinéma du Québec a le plaisir d’accueillir cette année la comédienne Pascale Bussières comme marraine de la manifestation aux côtés de Carole Laure, présidente d’honneur. Le public français a pu voir Pascale Bussières notamment dans “Un 32 août sur Terre” de Denis Villeneuve (1998), “La Répétition” de Catherine Corsini (2000) et “La Capture” de Carole Laure (2007).

La 12e édition de Cinéma du Québec propose au public et aux professionnels plus d’une vingtaine de longs et courts métrages, fictions et documentaires, tous inédits en France, incluant les plus gros succès de l’année au « box-office » québécois. Étant donné son succès grandissant, la manifestation se déclinera également à Lyon (du 30 novembre au 2 décembre), à Cannes (du 21 au 23 novembre) et à Liège en Belgique (du 27 au 30 novembre).

Côté professionnel, la 5e édition des Rencontres de coproduction francophone réunira à Paris plus d’une centaine de Québécois et Européens autour de projets de coproduction en langue française. La 4e édition du Marché du Cinéma du Québec à Paris organise, pour sa part, des projections pour les professionnels français et européens invités. Par ailleurs, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) présente la première édition de la Vitrine TV - Québec qui soutient la diffusion et la commercialisation des séries québécoises en France.