LE COMMERCE DU BOIS (2/3) Cette émission a été diffusée la première fois en octobre 2010

Lectures

ATLAS DES FORÊTS DANS LE MONDE
Joël Boulier et Laurent Simon, cartographie de Eugénie Dumas
Autrement Collection Atlas Monde
04/2009

Avec près de 4 milliards d’hectares, les forêts couvrent environ 30 % de la surface du globe. Leur répartition est cependant loin d’être homogène : aux immensités des forêts boréales de conifères et des forêts tropicales humides s’opposent les espaces de prairies et de déserts pratiquement dépourvus d’arbres. Espace de nature, les forêts sont également des territoires depuis longtemps utilisés et transformés par les sociétés humaines. Espaces ressource, pourvoyeur de bois, de nourriture, les forêts sont aussi des lieux de loisirs, de refuges, de culture. La multiplicité de ces fonctions, leur importance économique, leur dimension symbolique rendent compte des enjeux qui caractérisent aujourd’hui ces territoires : déforestation, perte de biodiversité, stockage du carbone, gestion forestière plus ou moins durable sont au cœur des grands défis actuels en matière d’environnement. De l’échelon local (le forestier, le chasseur ou encore le promeneur) au niveau mondial (FAO, ONG environnementalistes) ce sont ainsi de multiples acteurs qui influencent l’évolution de ces espaces forestiers et qui sont au cœur des débats et souvent des conflits qui caractérisent ces territoires. Comprendre la complexité de ces enjeux impose de les situer, de les évaluer, de les confronter à leur réalité spatiale, et donc de les cartographier. Multipliant les points de vue et les échelles, les modes de représentation et les sources disponibles, cet ouvrage souligne l’importance et la diversité du fait forestier dans le monde et permet de mieux appréhender les grands enjeux d’aujourd’hui.

Le prix du carbone - La conservation des forêts tropicales

Revue Futuribles, n° 361
03/ 2010

"Le projet de taxe carbone a été censuré le 28 décembre 2009 par le Conseil constitutionnel français. Une décision motivée par le non-respect du principe d’égalité de traitement devant les charges publiques dans le secteur des entreprises. La raison principale évoquée par le Conseil est l’exonération accordée à l’ensemble des entreprises assujetties au système européen des quotas de CO2 ; l’articulation entre une taxe carbone nationale et le système européen d’échange de quotas pose de fait une double difficulté, souligne Christian de Perthuis : « il faut faire coexister un mécanisme de tarification du carbone par le marché avec un mécanisme de tarification par l’impôt et faire simultanément converger des règles européennes régissant le marché avec des règles nationales. »

Ainsi, pour améliorer le dispositif censuré par le Conseil constitutionnel, il est nécessaire de revoir les modalités d’introduction de la taxe carbone dans le secteur des entreprises, précise l’auteur, qui rappelle comment fonctionnent les mécanismes existants et les choix retenus par les pays ayant réussi à mettre en place une taxe nationale parallèlement au système européen des quotas de CO2.

Christian de Perthuis examine ensuite les différentes pistes permettant de sortir de la situation actuelle._Dans un second article, cosigné avec Anaïs Delbosc, Christian de Perthuis dresse le bilan du fonctionnement du marché européen en termes de transactions et de prix. Les deux auteurs montrent combien le dispositif d’ensemble a évolué depuis sa période de mise en route entre 2005 et 2007, et rappellent les implications du passage aux enchères prévues lors de la troisième phase (2013-2020). Ils passent ensuite en revue les choix retenus par les différents pays étant parvenus à faire coexister une taxe carbone nationale avec le système européen des quotas, et concluent en s’interrogeant, au-delà du cas français, sur les voies les plus prometteuses d’une extension de la tarification du carbone en Europe._À lire aussi, dans ce numéro : un article sur la conservation des forêts tropicales. La couverture forestière de la Terre, de cinq milliards d'hectares au début du XXe siècle, représente aujourd’hui moins de quatre milliards d’hectares. La déforestation — dont les causes (économiques, agricoles, démographiques, culturelles) sont multiples, rappelle Alain Karsenty — a de lourdes conséquences au niveau tant local que mondial. Elle met en péril la biodiversité, détruit les sols et les rend improductifs, affecte le cycle de l’eau. De plus, elle demeure l’un des principaux facteurs du réchauffement climatique. En vue de limiter la perte et la dégradation de cet écosystème, les politiques de conservation et de lutte contre la déforestation se succèdent depuis les années 1980. Mais leurs résultats restent mitigés, note Alain Karsenty. Dans ce contexte, l’auteur, après une description de ces différentes politiques, concertées au niveau mondial, et des raisons de leur manque d’efficacité, évoque la perspective d’un nouveau régime international, « organisé autour du principe de la conservation rémunérée des forêts tropicales » et dans lequel la crédibilité des États sera déterminante. Un régime fondamentalement différent, souligne-t-il, « du fait que son centre de gravité n’est plus dans les politiques forestières, mais bien dans les politiques qui affectent les

forêts »".

Deux autres dossiers complètent ce numéro de "Futuribles" : Promouvoir l’éducation financière et Prospective et politique.

La condition tropicale : une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes
Francis Hallé
Actes Sud (Arles) collection « Questions de société »
2010

La condition tropicale : une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes

Dans cet ardent plaidoyer pour les tropiques, Francis Hallé défend une conception des basses latitudes à rebours des analyses actuelles.

Ces régions, qui ont à ses yeux une importance bien supérieure à celle qu'habituellement on leur concède, constituent pour la planète tout entière une référence, un berceau, un moteur. Cette position, qui va de soi dans de nombreux domaines - climat, biologie, diversité ethnologique, maladies, techniques agricoles... -, conserve toute sa pertinence en économie : avant d'être colonisées, les populations tropicales ne respectaient-elles pas l'environnement mieux que ne le font aujourd'hui les pays riches, victimes de leur surdéveloppement ?

La question ici en jeu, rarement soulevée, est donc d'ordre planétaire : c'est celle de l'inégalité économique entre les tropiques et les latitudes tempérées.

Pour tenter d'y répondre, et après avoir dénoncé les contre-vérités des ignobles et tenaces théories racistes, l'auteur s'attache à évaluer les facteurs politiques - esclavage, colonisation, néocolonialisme -, mais ceux-ci, recevables pour les périodes récentes, ne permettent pas d'élucider, dans une vaste perspective historique, l'origine de ces inégalités entre les latitudes.

Il avance alors une hypothèse biologique : fondée sur la sensibilité de l'homme aux variations de longueur des jours, celle-ci expliquerait les différences comportementales qui, entre les tropiques et les latitudes tempérées, influencent profondément les structures psychologiques, les progrès scientifiques et les constructions sociales.

Face aux dérèglements actuels - changement climatique, montée du niveau des mers, déforestation tropicale, pollution, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, pénurie d'eau potable -, face aux réflexes colonisateurs attisés par la mondialisation et à la survivance du racisme, il est urgent de mettre au cœur du débat cette « condition » de l'homme tropical.

Vital Forest Graphics
UNEP
2009

Au cours des dernières années, deux grandes questions environnementales sont étroitement liées et ont été à l'ordre du jour au sommet sur l'environnement : le changement climatique et la déforestation. La déforestation, estimé à plus de 13 millions d'hectares par an, soit une superficie à peu près équivalente à la taille de la Grèce, a des conséquences immédiates en termes de destruction des moyens de subsistance pour les populations, d'augmentation des émissions de carbone, et en termes de perte de la diversité biologique, pour n'en mentionner que quelques-unes.

Le rapport est à commander ou à télécharger sur www.unep.org/publications/search/pub_details_s.asp?ID=4060