LE PARADOXE CUBAIN Cette émission a été diffusée la première fois en décembre 2012

Lectures

Contrebande
Enrique Serpa avec la traduction de Claude Fell
08/2009

Présentation de l’éditeur
« Premier roman d'Enrique Serpa, Contrebande dépeint à merveille le monde turbulent et misérable de La Havane dans les années vingt. À travers l'agitation d'une foule de pêcheurs, prostituées, contrebandiers, enfants miséreux, on voit couver le feu qui embrasera l'île de Cuba où l'insolente fortune de quelques-uns nargue l'extrême dénuement de la plupart. Contrebande, c'est aussi l'histoire d'un face-à-face entre le propriétaire de La Buenaventura et de  Requin, le capitaine de bord, homme d'honneur et pirate à ses heures. S'instaure vite une atmosphère complexe, ambiguë, faite de mépris et de domination sur fond de fascination.
Publié en 1938, constamment réédité, Contrabando est considéré comme un classique de la littérature cubaine contemporaine. »

Françoise Barthélémy rend compte de sa lecture : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/BARTHELEMY/19019

À la Maison des sciences de l'homme, Claude Fell parle du livre et de sa traduction : http://www.ameriquelatine.msh-paris.fr/spip.php?article367

 

Les Chemins de la victoire
Fidel Castro Ruz avec une traduction de Marie Kosmowski
Michel Lafon - Collection Témoignages / Mémoires
01/2012

Présentation de l’éditeur
« En ce qui me concerne, à cette étape de ma vie, je suis en mesure d’offrir un témoignage qui, si cela a une certaine valeur pour les générations nouvelles, est le fruit d’un travail acharné. » - Fidel Castro
Dans ce premier tome de son autobiographie, Fidel Castro révèle de façon inédite les coulisses de la révolution cubaine. Il fait part de sa défiance pour l’impérialisme des États-Unis, qui asservissait les Cubains par l’entremise de Batista, et interdisait à l’île tout développement. Il raconte le rêve d’indépendance qui anima cette poignée de jeunes révolutionnaires, luttant pour la liberté face au géant américain, et dénonçant la corruption ainsi que les abus de pouvoir. Enfant révolté, étudiant brillant, avocat engagé dans la lutte contre les inégalités et la terreur du régime de Batista, Fidel Castro rassemble les étudiants en quête de justice. Il relate comment une centaine d’hommes mus par une force de conviction exemplaire et la connaissance du terrain vainquit dix mille soldats armés au cœur de la Sierra Maestra. Ce livre retrace de façon fidèle ce qui s’est passé.

La victoire de la liberté - De la Sierra Maestra à Santiago de Cuba
Fidel Castro avec une traduction de Marie Kosmowski
Michel Lafon
10/2012

Quatrième de couverture
« Le 1er janvier 1959, les révolutionnaires rebelles pénétrèrent dans Santiago de Cuba, renversant la dictature de Batista. Du 6 août 1958 jusqu'à la victoire, l'énorme disproportion entre les forces en présence nous avait contraints à nous déplacer sans cesse et à lutter sans relâche, et il semblait impossible que des civils sans armes, sans expérience et sans le moindre entraînement clans le domaine militaire parviennent à battre les forces ennemies, équipées par les États-Unis.
Au long de ces cinq mois, j'ai envoyé d'innombrables lettres aux responsables des troupes rebelles. Au Che bien sûr, mais aussi à tous les combattants fidèles et courageux présents sur les différents fronts depuis le début de la lutte. Je lus ou fis lire de nombreux communiqués à l'antenne de Radio Rebelle. Ces messages, reproduits ici, montrent les difficultés auxquelles nous avons dû taire face et les décisions que nous avons dû prendre. Dans Les Chemins de la victoire, j'ai raconté comment nous avions organisé et initié la Révolution. Je pense qu'il est temps, maintenant, de relater en détail les événements qui nous ont conduits à La Victoire de la liberté.»

Contester à Cuba
Marie-Laure Geoffray avec une préface de Olivier Dabène
Dalloz-Sirey - Coll. Nouvelle Bibliothèque Thèses
03/2012

Présentation de l’éditeur
« La chute spectaculaire de plusieurs régimes autoritaires à l'occasion du "printemps arabe" de 2011 ne doit pas nous inciter à la paresse intellectuelle. La tentation est pourtant forte de voir dans ces événements une validation des thèses téléologiques et normatives sur la fin de l'histoire et le caractère inéluctable de l'avènement mondial de la démocratie. Les commentaires ne manquent pas qui évoquent une globalisation ne tolérant plus d'écart par rapport à la norme libérale occidentale ; la longévité des régimes autoritaires ne mérite plus guère d'attention, puisqu'ils sont suspendus à un fil ténu qui menace de rompre à tout moment.
L'ouvrage de Marie Laure Geoffray vient opportunément s'inscrire en faux contre une telle tentation, qui conduit régulièrement à un grossier déterminisme. Tout l'intérêt du travail de Marie Laure Geoffray repose sur cette intuition initiale : afin de comprendre une "situation" autoritaire, il convient de se pencher sur ces espaces "intermédiaires" de contestation, ni totalement réprimés ni complètement tolérés.
Elle met en scène des jeunes pour qui la prise de parole ou l'occupation d'espaces peuvent être des fins en soi, dépourvues de projet de société alternatif car ils ont aussi souvent liés par ce qu'elle qualifie de "persuasion coercitive". Leur répertoire d'action peut cependant s'avérer subversif, car il ambitionne de donner à voir comment pourraient s'exercer des formes plurielles de citoyenneté.
Au-delà, Marie Laure Geoffray offre une explication dense, précise et très convaincante du mode de domination politique du régime castriste. Elle montre notamment à quel point ce régime sait faire preuve d'une grande plasticité. Et c'est sans doute cette capacité du régime à négocier le tolérable, à une échelle souvent micro, qui explique le mieux sa solidité. L'ordre social, nous montre l'auteure, est ainsi coproduit par des acteurs interdépendants.
Ce texte de référence sur Cuba est issu, d'une thèse de doctorat brillamment soutenue à Sciences Po, en 2010. Sa lecture achevée, de nombreuses questions demeurent qui, on peut le souhaiter, appelleront d'autres travaux comparatifs. Marie Laure Geoffray a souhaité "dés-exceptionnaliser" Cuba. II reviendra à d'autres chercheurs de lui donner raison en relevant le défi de la comparaison. »