LES FAUSSES CARTES DE MAGELLAN Cette émission a été diffusée la première fois en avril 2008

Lectures

Le voyage de Magellan (1519-1522) : la relation d'Antonio Pigafetta & autres témoignages
Antonio Pigafetta
Edition établie par Xavier de Castro avec la collaboration de spécialistes comme Carmen Bertrand, José Manuel Garcia, Jean-Paul Duviols & Luis Filipe Thomaz. Équipe de traduction : Jocelyne Hamon, Ilda Mendes dos Santos, Anne-Lise Darras-Worms, etc.. Éd
10 2007

L'intégralité des documents sur le voyage du plus connu des navigateurs, et également des récits, déclarations et lettres des compagnons de Magellan avec des notes et des cartes détaillées.

« Magellan est le plus connu des navigateurs, son voyage la plus extraordinaire des aventures ; cependant, de nombreuses approximations circulent malheureusement dans tous les ouvrages de vulgarisation sur le sujet. Les sources directes sont pourtant relativement nombreuses ; mais, éparses et souvent difficiles d’accès, toujours lacunaires, elles n’avaient jamais été rassemblées. Il faut rappeler que Magellan avait pour ordre exprès de rejoindre par l’ouest les Moluques et de revenir par la même voie. Il n’a sans doute jamais projeté de faire un tour du monde. Son décès prématuré ne lui permettra pas de le réaliser, et Juan Sebastián Elcano en recevra les honneurs au retour à Séville de la Victoria, seul navire rescapé. L’exploit du navigateur est d’avoir résisté à ses hommes et aux éléments pour découvrir le détroit sud-américain qui portera son nom, et d’avoir traversé pour la première fois le Pacifique. Ce faisant, il n’a pas voulu prouver que la Terre était ronde connaissance acquise depuis les Grecs, mais il a montré qu’elle était circumnavigable, ce qui n’est pas la même chose...

La traversée du Pacifique fut très longue et éprouvante : plus de trois mois sans toucher terre. La surprise de Magellan ne fut pas de découvrir un océan aussi vaste, mais de naviguer sur une mer déserte. Par chance, grâce à l’ingestion d’un puissant anti-scorbutique récolté dans le détroit de Magellan, le nombre des décès fut très faible. Parvenu aux Mariannes, puis aux Philippines, Magellan surprend alors par son comportement : au lieu de se diriger droit sur les Moluques, comme les instructions royales l’exigeaient, il remonte vers le nord, erre d’île en île, et désobéit une nouvelle fois aux ordres en combattant les indigènes de l’île de Mactan. Dans cet épisode, Magellan trouve une mort que l’on qualifierait aujourd’hui d’« idiote ». Mais ne l’a-t-il pas provoquée sciemment ? A-t-il compris à ce moment qu’il n’était déjà plus dans l’hémisphère espagnol, que son voyage était un échec et qu’il ne pouvait rentrer ni chez lui, où il était un « traître », ni en Espagne après avoir maté dans le sang une mutinerie sur la côte patagonique ? Ou bien cherchait-il simplement à affermir les liens politiques avec les souverains de la région, voire à conquérir des domaines dont la gouvernance lui serait revenue ? Quoi qu’il en soit, la confrontation des sources et des commentaires s’avère passionnante sur ces questions cruciales qui n’auront jamais de réponses définitives...

Rappelons enfin que sur les 237 marins embarqués sur les quais de Sanlúcar, à bord de cinq navires, 90 revinrent vivants : 55 sur le San Antonio, dont l’équipage déserta dans le fameux détroit, et 35 qui firent effectivement le tour du monde ; les autres moururent en route ou disparurent dans les îles de l’Extrême-Orient. Parmi ces survivants, les principaux furent interrogés par des juges ou des chroniqueurs qui transcrivirent leurs déclarations ; certains laissèrent de brefs récits manuscrits. » Michel Chandeigne.

C’est l’ensemble de ces textes qui sont ici publiés, accompagnés des cartes de l’époque et d’une riche iconographie.

Le tome 1 est l’édition critique du récit de Pigafetta, qui fait la synthèse des quatre manuscrits existants. Ce texte est célèbre par sa force littéraire, la variété de ses anecdotes et la qualité de son information. Le tome 2 rassemble, pour la première fois réunis et traduits en français, 26 documents qui éclairent, et souvent complètent, la relation de Pigafetta. En annexe des cartes de l’itinéraire détaillé, un dossier en couleurs rassemblant les premières cartes des Moluques et les planisphères antérieurs au voyage, une bibliographie exhaustive et un triple index portant sur les deux tomes.

L’ouvrage a été publié avec le concours du Centre national du Livre et de la Fondation Calouste Gulbenkian.

Agenda

Festival de l’imaginaire – douzième édition
Maison des Cultures du Monde Paris
Jusqu’ au 18 avril

Depuis 1982, l’association Maison des cultures du monde s’efforce de favoriser la rencontre des cultures du monde. Depuis 1997, récitals et spectacles, d'inspiration religieuse et de tradition immémoriale, composent le programme du Festival de l'imaginaire.

Les artistes et les troupes invités pour cette douzième édition sont venus du monde méditerranéen et du Moyen Orient (le marocain Abdelfetteh Bennis et l’algérienne Beihdja Rahal présenteront la tradition du chant arabo-andalou), d’Afrique (les Bozo de Kirango, au Mali, montreront les masques et les marionnettes qui font leur renommée depuis des siècles ), d'Asie (notamment, le nô rituel de Kurokawa au Japon, qui reprend les rites populaires du solstice d'hiver pour favoriser les récoltes à venir ; le récital de Yoshio Kurahashi, joueur soliste de shakuhachi, une flûte en bambou ; ou encore la cérémonie Yeongsanjae, avec les moines et les nonnes du temple coréen Bongwonsa, offrande à Bouddha pour favoriser le passage vers l'au-delà)

C’est dans l’environnement magique du cirque Zingaro, à Aubervilliers, que le festival , pour cette dernière semaine, a programmé le théâtre d'exorcisme Nuo, chinois et les traditions festives et métissées de la Colombie (Vallenato, Marimbas, Cantos llaneros).

Tandis que l’Auditorium du Louvres accueillera Le Shashmaqâm Tadjik-Ouzbek, l’Académie du Maqâm de Douchanbé sous la direction de Abduvali Abdurashidov.

Le programme Education Culturelle permet aux élèves et au jeune public de développer leur sensibilité artistique par l’expérience unique du spectacle vivant. Parmi les spectacles et concerts programmés dans le cadre du Festival de l’Imaginaire, certains font l’objet de représentations spécialement conçues pour ce programme. Chacune de ces représentations est alors suivie d’une rencontre-discussion avec les artistes, d’un échange entre l’Ici et l’Ailleurs.