LES FORÊTS ET LE CLIMAT (3/3) Cette émission a été diffusée la première fois en octobre 2010

Lectures

Le prix du carbone - La conservation des forêts tropicales

Revue Futuribles, n° 361
03/ 2010

"Le projet de taxe carbone a été censuré le 28 décembre 2009 par le Conseil constitutionnel français. Une décision motivée par le non-respect du principe d’égalité de traitement devant les charges publiques dans le secteur des entreprises. La raison principale évoquée par le Conseil est l’exonération accordée à l’ensemble des entreprises assujetties au système européen des quotas de CO2 ; l’articulation entre une taxe carbone nationale et le système européen d’échange de quotas pose de fait une double difficulté, souligne Christian de Perthuis : « il faut faire coexister un mécanisme de tarification du carbone par le marché avec un mécanisme de tarification par l’impôt et faire simultanément converger des règles européennes régissant le marché avec des règles nationales. »

Ainsi, pour améliorer le dispositif censuré par le Conseil constitutionnel, il est nécessaire de revoir les modalités d’introduction de la taxe carbone dans le secteur des entreprises, précise l’auteur, qui rappelle comment fonctionnent les mécanismes existants et les choix retenus par les pays ayant réussi à mettre en place une taxe nationale parallèlement au système européen des quotas de CO2.

Christian de Perthuis examine ensuite les différentes pistes permettant de sortir de la situation actuelle._Dans un second article, cosigné avec Anaïs Delbosc, Christian de Perthuis dresse le bilan du fonctionnement du marché européen en termes de transactions et de prix. Les deux auteurs montrent combien le dispositif d’ensemble a évolué depuis sa période de mise en route entre 2005 et 2007, et rappellent les implications du passage aux enchères prévues lors de la troisième phase (2013-2020). Ils passent ensuite en revue les choix retenus par les différents pays étant parvenus à faire coexister une taxe carbone nationale avec le système européen des quotas, et concluent en s’interrogeant, au-delà du cas français, sur les voies les plus prometteuses d’une extension de la tarification du carbone en Europe._À lire aussi, dans ce numéro : un article sur la conservation des forêts tropicales. La couverture forestière de la Terre, de cinq milliards d'hectares au début du XXe siècle, représente aujourd’hui moins de quatre milliards d’hectares. La déforestation — dont les causes (économiques, agricoles, démographiques, culturelles) sont multiples, rappelle Alain Karsenty — a de lourdes conséquences au niveau tant local que mondial. Elle met en péril la biodiversité, détruit les sols et les rend improductifs, affecte le cycle de l’eau. De plus, elle demeure l’un des principaux facteurs du réchauffement climatique. En vue de limiter la perte et la dégradation de cet écosystème, les politiques de conservation et de lutte contre la déforestation se succèdent depuis les années 1980. Mais leurs résultats restent mitigés, note Alain Karsenty. Dans ce contexte, l’auteur, après une description de ces différentes politiques, concertées au niveau mondial, et des raisons de leur manque d’efficacité, évoque la perspective d’un nouveau régime international, « organisé autour du principe de la conservation rémunérée des forêts tropicales » et dans lequel la crédibilité des États sera déterminante. Un régime fondamentalement différent, souligne-t-il, « du fait que son centre de gravité n’est plus dans les politiques forestières, mais bien dans les politiques qui affectent les

forêts »".

Deux autres dossiers complètent ce numéro de "Futuribles" : Promouvoir l’éducation financière et Prospective et politique.

Plaidoyer pour l'arbre
Francis Hallé
Actes sud
09/2005

De l’ombre des jardins à la flambée dans l’âtre, de l’aspirine aux pneus d’avion, du bois de lit au papier de ce livre, il y a peu de domaines de notre vie où l’arbre n’ait pas sa place, avec la discrétion qui le caractérise.

Et s’il est à ce point notre partenaire dans l’entreprise souvent hasardeuse qu’est la vie sur la Terre, n’est-ce pas aussi parce que nous partageons avec lui d’impérieux intérêts : lumière et eau, fertilité des sols, espace et chaleur ? Ce livre est aussi édité au format poche au Seuil dans la collection Points Sciences.

Le Radeau Des Cimes. Exploration des Canopées forestières
Francis Hallé, Dany Cleyet-Marrel, Gilles Ebersol
Lattés
2003

Francis Hallé, professeur de botanique, Dany Clayet-Marrel, pilote de montgolfière et Gilles Ebersolt, architecte, ont mis au point une structure gonflable que l'on peut poser à la cime des grands arbres des forêts primaires de la planète : la canopée. Ce radeau des cimes permet à des équipes de scientifiques de travailler sur La photosynthèse. Le livre est édité en allemand : "ber Den Wipfeln Des Regenwaldes - Ein Expeditionsbericht" et distribué par National Geographic Adventure Press.

La plus dérangeante des vérités Changement climatique et peuples indigènes
Rapport de Survival International
11/2009

Les peuples indigènes sont en première ligne face au changement climatique. Parce qu’ils vivent dans des endroits du monde où son impact est le plus fort, où leurs modes de vie, leurs cultures, leurs vies dépendent largement ou exclusivement de l’environnement naturel, ils sont plus vulnérables que n’importe qui d’autre sur Terre. Selon de nombreux rapports, l’impact du changement climatique sur les peuples indigènes est ressenti partout dans le monde : de l’Arctique aux Andes en passant par l’Amazonie, des îles du Pacifique aux côtes du Canada...

Tout aussi important, mais rarement reconnu, est l’impact des mesures prises pour freiner les effets du changement climatique qui ont, ou peuvent avoir, sur les peuples indigènes. Ces mesures dites "d’atténuation" violent leurs droits et permettent plus facilement aux gouvernements, aux compagnies et autres de s’approprier, d’exploiter et, dans certains cas, de détruire leur territoire – tout comme cela se produit avec le changement climatique.

Ce rapport rend compte de ces mesures d’atténuation qui comprennent : la production d’agrocarburants, la production d’énergie hydroélectrique, la conservation de la forêt,la compensation des émissions de carbone.

Ce rapport fut rendu public avant la Conférence sur le changement climatique à Copenhague. L’objectif de la Conférence, organisée par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), est de trouver un accord sur les manières de combattre le changement climatique à l’heure où l’accord actuel, le protocole de Kyoto, arrivera à son terme en 2012.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré à la parution du document : " Ce rapport met en lumière, la plus dérangeante des vérités" — il révèle que les peuples indigènes qui sont les moins responsables du changement climatique sont les plus affectés par celui-ci et que leurs droits sont violés et leurs terres dévastées au nom des mesures prises pour le stopper. S’abritant derrière l’effort planétaire pour stopper les effets du changement climatique, les gouvernements et les compagnies sont en train de planifier un gigantesque vol de terres. "

Le rapport est téléchargeable sur : www.survivalfrance.org/actu/5294

Le monde selon Stiglitz
Jacques Sarasin, Jean Pisani-Ferry, Joseph Stiglitz
ARTE EDITIONS

Le prix Nobel Joseph Stiglitz est ici interrogé par Jacques Sarasin au cours de cinq entretiens, consacrés à une étude approfondie des méfaits de notre système économique et financier sur l'équilibre du monde. Joseph Stiglitz est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'économie mondiale et le système financier, dont ces deux titres publiés chez Fayard : "Quand le capitalisme perd la tête" et "La grande désillusion". Dans ce dernier ouvrage, il écrit : "Aujourd'hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l'environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale." Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton, a été également vice-président de la Banque Mondiale, mais en novembre 1999, il a dû démissionner de son poste : "Plutôt que d'être muselé, j'ai préféré partir", explique-t-il.

En bonus du DVD: un dialogue entre Jean Pisani-Ferry, économiste, directeur du Centre Bruegel, et Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie.

Le site www.arte.tv/fr/2484320.html en propose la génèse , la"Vidéo on Demand" et un forum.

Agenda

Conference of the Parties to the Convention on Biological Diversity - COP 10
Nagoya - Japon
du 18 au 29 octobre 2010

C'est la ville de Nagoya, dans la préfecture d'Aichi, au Japon, qui accueillera du 18 au 29 octobre 2010 la dixième Conférence des Parties (COP10) de la Convention sur la diversité biologique. 2010 coïncide par ailleurs avec les 400 ans de la fondation de Nagoya.

Les travaux préparatoires de la Conférence se sont déroulés internationalement en réunions électroniques : www.cbd.int/2010-target/ et aussi www.cbd.int/doc/notifications/2010/ntf-2010-077-aniec-fr.pdf

La COP10 est sous l'égide de M. Ryu Matsumoto, Ministre de l'Environnement du Japon, M. Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE et M. Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la CDB.

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est entrée en vigueur le 29 décembre 1993 avec 3 objectifs principaux : la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages provenant de l'utilisation de ressources génétiques.

La Conférence des Parties est l'organe directeur de la Convention, elle fait progresser la mise en œuvre de celle-ci par des décisions prises lors de ses réunions périodiques.

Jusqu'à présent, la Convention a tenu huit réunions ordinaires et une réunion extraordinaire qui permit l'adoption du Protocole sur la prévention des risques biotechnologiques. La neuvième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique a eu lieu à Bonn, en Allemagne en mai 2008.

Les questions qui sont ici examinées particulièrement en profondeur concernent la biodiversité des eaux continentales, marine et côtière, la biodiversité des montagnes et les aires protégées, l'utilisation durable de la biodiversité et sa relation aux changements climatiques.

Le site signale :

"La communauté internationale a reconnu que les communautés locales et autochtones dépendent étroitement et traditionnellement des ressources biologiques, notamment dans le préambule de la Convention sur la diversité biologique. Il y a aussi une grande reconnaissance de la contribution que les savoirs traditionnels peuvent apporter aussi bien à la conservation qu'à l'utilisation durable de la diversité biologique, deux objectifs fondamentaux de la Convention.

Étant donné l'engagement des Parties de la Convention au respect, à la préservation, au maintien et à la promotion d'un plus grand usage des savoirs traditionnels, avec l'accord et la participation de ceux qui les possèdent, les autochtones et les communautés locales ont un intérêt direct dans le travail de la Convention. "

Représentants de communautés indigènes de l'Amérique Latine et des Caraibes y sont consultés : www.cbd.int/traditional/