MEXIQUE, UN ÉMERGENT ENTRAVÉ Cette émission a été diffusée la première fois en mai 2013

Lectures

Les économies émergentes latino-américaines - Entre cigales et fourmis
Pierre Salama
Éditions Armand Colin
10/2012

Présentation de l’éditeur

Avec la montée en puissance des économies émergentes, le centre de gravité du monde est en train de basculer. Une nouvelle carte du monde est-elle en train d'apparaître ? Une nouvelle Amérique latine est-elle en train de naître ? 

L'Amérique latine change. En effet, qui aurait pu imaginer, il y a quelques décennies, que certains pays latino-américains deviendraient les économies émergentes de demain, capables de réduire leurs retards avec les pays avancés, de leur faire concurrence sur certains marchés, voire de réduire, fût-ce légèrement, leurs inégalités de revenus et leur pauvreté ?

Comment penser que certains pays, parmi les plus importants, allaient renouer avec l'exportation de produits primaires, retrouvant ainsi partiellement leur spécialisation internationale de jadis, et attirer à eux les capitaux ?

Ce livre veut comprendre l'Amérique latine à l'aide des expériences asiatiques, mais veut aussi éclairer la situation de l'Europe aux prises avec ses dettes souveraines et ses crises. 

Pierre Salama, latino-américaniste reconnu, a été primé par la chaire Julio Cortazar de l'université de Guadalajara (Mexique). Il enseigne dans de nombreuses structures universitaires, et il est membre du comité de rédaction de plusieurs revues étrangères. Il fut également directeur scientifique de la revue Tiers Monde.

Le numéro 212 de la revue Tiers Monde (décembre 2012), éditée par Armand Colin, propose une lecture commentée d'une étude de José Luis Solís González. Cette étude porte sur l’apparition d’une nouvelle forme d’État capitaliste périphérique au Mexique, « l’État narco », dont la manifestation externe est celle d’un régime politique néolibéral à penchant technocratique, avec une forte présence de représentants du crime organisé au sein de ses différentes instances, de l’économie et de la finance. L'article est accessible in extenso sur abonnement.

Amexica - La guerre contre le crime organisé sur la frontière États-Unis / Mexique
Ed Vulliamy, traduit de l’anglais par Guillaume Marlière
Éditions Albin Michel
03/2013

Présentation de l’éditeur

Pendant deux ans, Ed Vulliamy a enquêté le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Il a parcouru plus de 3 000 kilomètres, de l’océan Pacifique au golfe du Mexique, le long d’une ligne qui est devenue l’un des endroits les plus dangereux du monde. Là, règnent le crime organisé, les milices armées des cartels qui sont en concurrence et font régner la terreur au Mexique. Ligne de partage entre le Nord et le Sud, l’abondance matérielle et la pauvreté, la frontière est le lieu du trafic des drogues et des armes que consomment les États-Unis et l’Europe, un trafic au poids économique sans équivalent sur la planète, et qui fait chaque année plus de 5 000 victimes.

Chaque jour, près d’un million de personnes traversent cette frontière hautement sécurisée pour aller travailler dans les maquiladoras, ces "usines de la misère" où la mondialisation se révèle sous son visage le plus exécrable. Zone de non-droit également où la corruption sévit à tous les niveaux. Tout au long de ce voyage, Ed Vulliamy a rencontré de nombreux acteurs : mafieux, hommes politiques, policiers, prêtres et évêques, journalistes, travailleurs humanitaires ou sociaux, repentis et détenus.

Journaliste anglais (The Guardian, The Observer), Ed Vulliamy a été correspondant de guerre en Bosnie, en Irak et ailleurs. Distingué pour son travail à plusieurs reprises, en particulier par Amnesty International pour son engagement en faveur des droits de l’homme, il est l’auteur de nombreux reportages, notamment sur la mafia italienne.

Parmi d'autres enquêtes consacrées au Mexique et à son environnement, The Guardian propose un article de Ed Vulliamy intitulé Central America's tiny states caught in deadly crossfire of battle with cartels, article dans lequel il est question du blanchiment d'argent provenant des trafics mexicains.

Vous trouverez un entretien filmé avec Ed Vulliamy (en anglais), à propos de la brutale et sanglante guerre des cartels sur la frontière américano-mexicaine, mis en ligne en avril 2013 par The Banter Salon at Other Voices, émission diffusée en Irlande du Nord.

El Narco - La montée sanglante des cartels mexicains
Ioan Grillo, traduit par Frédéric-Eugène Illouz
Éditions Buchet-Chastel
02/2012

Présentation de l’éditeur

Au Mexique, la guerre de la drogue a fait 40 000 morts depuis 2006. Le monde entier assiste, tétanisé, à ce carnage, tandis que la police et l'armée mexicaines redoublent d'efforts contre les cartels de narcotrafiquants, qui cherchent à s'approprier le marché de la drogue (marijuana, cocaïne, amphétamines), estimé à trente milliards de dollars, et destiné à leur immense voisin américain.

C'est dans l'heure qui suit leur prise de fonction que des chefs policiers sont assassinés. Des familles entières sont massacrées, des écoles et des hôpitaux mitraillés. Des charniers, dignes d'une guerre civile, sont déterrés. Des corps décapités sont abandonnés dans la rue et des têtes roulent sur les pistes de danse de boîtes à la mode, à titre d'avertissement... Les États-Unis répliquent à l'aide d'hélicoptères Black Hawk et d'agents de la DEA mais, secrètement, Washington est divisé, désorienté...

El Narco, la montée sanglante des cartels mexicains est la première histoire complète, captivante et courageuse de l'ensemble des organisations mafieuses ultra-violentes qui ont transformé d'immenses territoires du Mexique en champs de bataille. C'est la première plongée au cœur de l'intimité de cartels à la tête d'une véritable industrie, El Narco, appuyée par des escadrons de la mort, qui laissent une traînée de sang, du Guatemala à la frontière du Texas. Au cœur d'un enfer qui s'étend, certes, au sud du Rio Grande mais où Washington s'est déjà considérablement embourbé...

L'auteur Ioan Grillo, journaliste britannique, rassemble sur son site personnel articles, entretiens et documentaires vidéos qui rendent compte des systèmes qui structurent les violences et des dislocations des sociétés en Amérique latine et particulièrement au Mexique.

Scènes et corps de la cruelle démesure : récits de cet insoutenable Mexique
Cathy Fourez avec les préfaces de Sergio González Rodríguez et de Lucia Melgar
Éditions Mare et Martin
11/2012

Présentation de l’éditeur

Ce travail, qui part du principe de lire le monde à travers la parole artistique, se propose d'analyser comment l'écriture et l'image s'approprient, défont, reconstruisent, déforment des événements qui ont ponctué et ponctuent des histoires humaines, dans le Mexique des XXe et XXIe siècles, et qui souvent condamnent ces dernières à la mutilation, au silence et à la disparition, dans un contexte politique où la loi et la justice sont sous le joug de l'impunité.

Créées en 2003, les éditions Mare & Martin se consacrent, pour l’essentiel, à la publication d’ouvrages de référence dans les disciplines de l’histoire de l’art, du droit et de la science politique.

Cathy Fourez, agrégée d'espagnol, est actuellement maître de conférences à l'Université de Lille où elle enseigne la littérature hispano-américaine. Elle a publié des articles en France et au Mexique sur les littératures policières (au Mexique), et plus principalement sur le concept de barbarie à l'encontre du genre féminin, le « féminicide » (notamment à Ciudad Juàrez), ainsi que sur le thème de la frontière et de ses liens avec la justice et la violence, à travers la fiction.

Sur ce thème du « féminicide », vous pouvez lire Enfermées vivantes, un texte de Cathy Fourez paru en 2011 dans Le Monde diplomatique sur un centre de détention pour femmes à Santa Martha Acatitla au Mexique.

Ce texte préfigurait un ouvrage, édité par Peter Lang, de Cathy Fourez, Victor Martinez et Raphaël Villatte intitulé Quand le délit est dans le texte. Le genre policier, une littérature de l’excès ? et qui rassemble différentes réflexions sur les formes et représentations de la violence aujourd'hui.

Pour en savoir plus sur le « féminicide » au Mexique, vous pouvez consulter le site du Comité pour les droits humains en Amérique latine.

Faut-il abolir les frontières ?
Numéro coordonné par Benoît Bréville et Philippe Rekacewicz
Le Monde diplomatique - Collection « Manière de voir » - n°128
04/2013

Présentation de l’éditeur

Physiques, culturelles ou symboliques, les frontières continuent de fragmenter les sociétés. Elles partagent les peuples et les cultures en même temps qu’elles les rassemblent et les préservent ; elles sont source de guerres, mais constituent des espaces d’échanges et de rencontres. Menaçantes et protectrices, elles cristallisent, selon les mots d’Aimé Césaire, « deux manières de se perdre ».
Une cinquantaine de cartes commentées, des enquêtes, des reportages et des textes d’écrivains composent ce numéro.

Sommaire
I. Territoires à la découpe
II. Zones de friction
III. Barrières de protection.

Ce numéro est présenté sur le site de l'éditeur

Le Monde diplomatique propose également la lecture d'une bonne part de ses archives concernant le Mexique.

Par ailleurs, le géographe et cartographe Philippe Rekacewicz, qui anime le blog Visions cartographiques, fait place dans l'un de ses billets à Romain Cruse, enseignant et chercheur, qui rend compte d'une étude en cours sur la perception de l'espace des Caraïbes.

Cette étude fait partie de la constitution collective et collaborative d'un Atlas des Caraïbes.

Néozapatisme : échos et traces des révoltes indigènes
Francisco Gomez Carpinteiro, John Holloway, Fernando Matamoros Ponce, Sergio Tischler
Une Co-édition Syllepse (France), Instituto de Ciencias Sociales y Humanidades « Alfonso Vélez Pliego » (Mexique), Benemérita Universidad Autónoma de Puebla (Mexique)
11/2012

Pourquoi tourner à nouveau le regard vers l'insurrection zapatiste, qui prit naissance, il y a plus de vingt ans, dans la forêt de Lacandon, au Chiapas mexicain ?
Parce que partout, il y a des révoltés. De Tunis au Caire, des quartiers populaires français aux indignés de New York ou d’Espagne, une question se pose : que faire de la colère ?
Ce livre ne nous invite pas à chercher au Chiapas un modèle. Il nous invite cependant à y trouver l’écho d’une nouvelle manière de parler de la révolution, de façon stimulante et créative.
Partout dans le monde, le « zapatisme » est présent dans la culture des nouveaux mouvements de contestation comme par exemple le mouvement Basta!.
Comment un groupe de paysans autochtones a-t-il pu devenir une telle source d’inspiration ? Cela a sans doute à voir avec les crises des notions de progrès, d’industrialisation, d’avant-garde et, sans aucun doute, avec les échecs des révolutions du XXe siècle.
Il ne s’agit pas ici d’une enquête de sociologues mais de la prise à bras-le-corps du défi théorique et pratique que représentent les questions que soulève l’insurrection zapatiste.
Pour ce faire, les auteurs se tournent vers l’École de Francfort, vers Ernst Bloch et Mikhaïl Bakhtine qui ont tracé, il y a plus de cinquante ans, les voies d’une critique de l’orthodoxie « marxiste ». Ils convoquent ainsi dans la jungle mexicaine Walter Benjamin et Theodor Adorno pour pénétrer ce qui s'appelle en Amérique latine le réalisme magique.

 

À propos des auteurs

John Holloway a publié en France Changer le monde sans prendre le pouvoir. Le sens de la révolution aujourd’hui (Syllepse/Lux, 2007).
• Sergio Tischler a publié dernièrement Imagen y dialéctica (F&G/BUAP/Flacso, Guatemala 2009).
• Fernando Matamoros Ponce est l’auteur de Mémoire et utopie au Mexique (Syllepse, 1998) et de La pensée coloniale. Découverte, conquête et guerre des dieux au Mexique (Syllepse/BUAP 2007).
• Vittorio Sergi a publié Zapatistas/EZLN/Chiapas Uprising dans l'International Encyclopedia of Revolution and Protest : 1500 to the Present (New York/London, 2009).
• Francisco Gómez Carpinteiro est anthropologue.
• Antonio Fuentes Díaz est sociologue.

Les auteurs sont professeurs à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla, l’Université autonome de Puebla au Mexique. Créée en 1587, elle est la plus ancienne et la plus grande du Mexique. Elle compte de nombreux départements, multidisciplinaires, qui mènent des travaux de recherche en collaboration internationale.

Découvertes au Mexique et au Yucatan
Désiré Charnay
Éditions Decoopman
11/2012

Présentation de l’éditeur

Archéologue, photographe et écrivain, Désiré Charnay est l’un des grands explorateurs français du XIXe siècle. Passionné par le Mexique, il fut célèbre pour les récits d’exploration et les nombreuses photographies qu’il en rapporta. Il est le premier à photographier les sites de Mitla, Izamal et Chichén Itzá.
Il retourne au Mexique vers 1877. Le livre I de cet ouvrage relate ce voyage. En 1880, une nouvelle expédition le conduit à nouveau au Mexique, pour des fouilles archéologiques. Se fondant sur les textes et légendes indigènes, il localise Tollan, la capitale mythique des Toltèques, et prouve que le monde précolombien avait bien connu la roue… Il est de retour à Paris en 1882. Le livre II de cet ouvrage Voyage au Yucatan et au pays des Lacandons, est le récit de cette expédition.

La BnF, grâce à son système Gallica, permet de lire quelques écrits de Désiré Charnay comme, par exemple, sa traduction, éditée par Hachette en 1896, des Lettres de Fernand Cortès à Charles-Quint sur la découverte et la conquête du Mexique ou encore À travers les forêts vierges : aventures d'une famille en voyage.

Aujourd’hui, les spécialistes de l’époque précolombienne reconnaissent l’intérêt documentaire des images de Charnay car il a vu des sites qui ont maintenant disparu.

Riche de 1000 tirages et 500 plaques de verre, le Musée du quai Branly possède la plus importante collection de cet artiste photographe, et lui a consacré, en 2007, une exposition intitulée Le Yucatan est ailleurs, expéditions photographiques de Désiré Charnay dont on peut encore se procurer le catalogue.

La bibliothèque digitale de l'American Philosophical Society dispose, quant à elle, d'une petite collection de ses photos exposées en ligne.

Et le projet Gutenberg propose de consulter en ligne Cités et ruines américaines, une édition des photos et de la chronique de voyage de Désiré Charnay, datant de 1863, commentée par l'architecte Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc.

Dictionnaire insolite du Mexique
René Palacios
Éditions Cosmopole
02/2013

Présentation de l’éditeur

Le Mexique intrigue. On n’en connaît qu’un certain nombre de clichés, comme le sombrero, la sieste, les narcos, la corruption, le guacamole, la tequila. On le visite pour admirer les restes de civilisations mystérieuses. Mais sait-on qu’on y pratique en permanence des jeux de mots, que la mort est un élément fondamental de la vie, que dans le métro de Mexico se dressent des pyramides aztèques, que le pilón est une pratique qui vise à donner un peu plus ? Ou qu’une guerre éclata en 1838 avec la France à propos de pâtisseries ? L'artiste et caricaturiste mexicain Abel Quezada disait « être Mexicain n’est pas une nationalité, c’est un vice ».

Né à Mexico, René Palacios a fait ses études à la Sorbonne. Après une expérience dans l’édition, il a rédigé plusieurs publications dont L’Opéra en clair aux éditions Ellipses, en 2010, et collabore à la revue ProÓpera publiée au Mexique. René Palacios travaille à l’Opéra national de Paris et retourne tous les ans au Mexique.

Agenda

Le Mexique au Louvre, chefs-d’œuvre de la Nouvelle Espagne - XVIIe et XVIIIe siècles
Louvre - Paris
du 7 Mars 2013 au 3 Juin 2013

Exactement trois cents ans séparent la conquête du Mexique par Hernan Cortes, en 1521, de la proclamation de son indépendance, en 1821. Ces trois siècles de domination espagnole n’en virent pas moins éclore un art original. Au départ conditionné par des modèles issus de la gravure flamande et de la peinture d’exportation, notamment d’Andalousie (Zurbaran, Murillo…), l’art mexicain ne tarde pas à marquer son indépendance et à dicter ses propres règles.

Cette exposition offre enfin l’occasion, à travers la publication qui l’accompagne, de recenser les richesses de la peinture de Nouvelle Espagne dans les collections publiques françaises.

Avec pour commissaires Guillaume Kientz, de musée du Louvre, et Jonathan Brown, du New York Institute of Fine Arts. Le Musée du Louvre s’est associé au Fomento Cultural Banamex de Mexico.