MONDIALISATION DE LA JUSTICE (2/2) Cette émission a été diffusée la première fois en février 2010

Lectures

La traque, les criminels de guerre et moi
Carla Del Ponte, avec Chuck Sudetic.
Editions Héloïse d' Ormesson
10/2009

Nommée procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda en 1999, Carla Del Ponte se fixe un objectif : mettre un terme à l’impunité. Pendant les huit années de son mandat, cette femme hors du commun ose dénoncer l’attitude coupable de certains gouvernements face aux génocides, et poursuit sans relâche les criminels de guerre, même les mieux protégés. Elle parvient, malgré de violentes pressions, à traduire en justice les responsables de charniers, de l’Afrique aux Balkans. Son poste, très exposé, a fait d’elle l’une des personnalités les plus menacées de la planète.

Dans cette autobiographie qui dérange, Carla Del Ponte partage ses succès et ses frustrations, livre des noms et formule des accusations embarrassantes à l’encontre des puissances occidentales.

Droit international humanitaire (2e édition)
Biad Abdelwahab
Ellipses Collection: Mise au point
2006

Le droit international humanitaire appelé successivement « droit de la guerre » et « droit des conflits armés » est une branche du droit international destinée à limiter les effets des conflits armés. Il s'agit d'une part de restreindre les méthodes et moyens de guerre, et d'autre part de protéger les personnes civiles ainsi que les combattants blessés, malades, ou capturés. Ce droit a connu un développement important depuis que ses règles souvent très anciennes furent progressivement codifiées dans les conventions de La Haye de 1899 et de 1907 puis dans les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977. Une étape majeure dans sa mise en œuvre est l'adhésion universelle des États à ces accords et la mise en place de juridictions pénales internationales en vue d'assurer la répression des violations les plus graves : génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

L'objectif de cet ouvrage est de faire le point sur un droit à la fois riche et complexe dont il s'agit de définir les spécificités, d'identifier les principes et les règles qui le régissent et de comprendre le mécanisme de sa mise en œuvre. Ce faisant, il s'agit de répondre aux interrogations suivantes : Quel est l'objet du droit international humanitaire ? Qui doit l'appliquer et qui peut s'en prévaloir ? Comment en assurer le respect par les belligérants ? Comment prévenir et réprimer les violations ?

Abdelwahab Biad est maître de conférences à la Faculté de droit, de sciences économiques et de gestion de l'Université de Rouen où il est membre du Centre de recherches et d'études sur les droits de l'homme et le droit humanitaire (CREDHO).

Juges, bourreaux, victimes - voyage dans les prétoires de la justice internationale
Stéphanie Maupas
Frontières
10/2008

Stéphanie Maupas a conçu ce livre d’après les récits entendus devant les procès des tribunaux internationaux pour génocides et crimes contre l’humanité. Les narrateurs des événements sont ceux qui déposent à la barre : témoins victimes, témoins experts (historiens, légistes, militaires, sociologues), témoins internationaux (diplomates, officiers, journalistes, humanitaires) ou encore ceux qu’on appelle « hommes de l’intérieur », les repentis. Ce sont aussi dans le box des accusés, les bourreaux, qu’ils soient ex-officiers, présidents, ministres ou cireurs de chaussures, instigateurs, fonctionnaires ou exécutants. La matière constituée dans ces procès inspire l’horreur. Mais c’est aussi le matériau à partir duquel s’écrira l’histoire (enjeu de mémoire) et se feront les recherches criminologiques, historiques etc. qui visent à établir la « vérité » sur les événements (enjeu juridique et pénal). Or, à la lecture de ces documents, les certitudes se dérobent : quels sont les faits ? Comment la justice et l’histoire peuvent-elles en rendre compte ? Stéphanie Maupas inscrit cette interrogation dans l’histoire : depuis Nuremberg, les modalités, les tentatives et les failles d’une justice internationale ? Quel jeu entre les batailles diplomatiques, idéologiques et culturelles ? Quel jugement pour des guerres menées le code pénal à la main, face aux juges des tribunaux internationaux ? À l’heure où l’on célèbre l’anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, le livre fournit un exemple de ce trouble : entre la révolte face à des actes barbares que nous devons universellement condamner, et la fragilité de l’entreprise qui consiste à établir la vérité des faits.

Faire la paix - la part des institutions internationales
Guillaume Devin
Presses de Sciences Po
06/2009

Les institutions internationales contribuent-elles à la construction de la paix ? On pourrait en douter, tant les critiques abondent : dysfonctionnements, défaillances, soumission aux intérêts des États les plus puissants. Diplomates, universitaires et praticiens de ces institutions, les auteurs sont plus nuancés. Dans une perspective qu'ils jugent réaliste et constructive, ils soulignent les forces et les faiblesses de ce que les acteurs internationaux ont créé et qu'ils ne veulent pas abandonner. Au terme de leurs investigations, il apparaît que s'il demeure possible de faire la guerre contre l'avis des institutions internationales, il devient désormais difficile de se passer d'elles pour faire la paix. Le choix des questions traitées – sécurité collective, désarmement, médiation, consolidation de la paix, sécurité humaine, réduction de la pauvreté et des inégalités, justice pénale internationale, multilatéralisme – fait de cet ouvrage une référence sur les institutions internationales.

Ont contribué à cet ouvrage : Louise Aubin, Rosalie Azar, Bertrand Badie, Abraham Béhar, Jean-Marc Bellot, Antoine Bernard, Karine Bonneau, Jean-Marc Châtaigner, Alain Dejammet, Henri Léval, Shahrbanou Tadjbakhsh, Charles Tenenbaum.