RETOURS D’AFRIQUE Cette émission a été diffusée la première fois en avril 2009

Lectures

L' Afrique dans la mondialisation
Sylvie Brunel
La Documentation française Dossier n°8048
2005

Loin des clichés et de l'afro-pessimisme ambiant, Sylvie Brunel nous propose sa vision lucide et critique de l'Afrique contemporaine. Ce dossier s'attache à démythifier un continent souvent figé dans des clichés, pour observer les dynamiques qui l'inscrivent, comme n'importe quel autre ensemble régional, dans la mondialisation. L'Afrique bouge. L'auteur fonde son optimisme sur les effets positifs, constatés ou espérés, de la mondialisation : une pénétration rapide des techniques modernes de communication, l'ouverture par le tourisme, l'émergence d'une puissance, l'Afrique du Sud, des pratiques politiques plus démocratiques, une importance plus grande accordée à ce vaste continent dans le maintien des équilibres planétaires..., en gardant un regard lucide et critique, statistiques et textes à l'appui, sur la dégradation de certains indicateurs de l'IDH, sur les pressions exercées par les organismes financiers internationaux et sur les ambiguïtés de l'aide publique au développement.

Les 100 clés de l’Afrique
Philippe Leymarie, Thierry Perret
Hachette collection : Littératures
10/2006

L’Afrique noire est mal partie, pronostiquait sombrement René Dumont il y a trente ans. Et de fait : famines, épidémies et guerres civiles ravagent un continent qui ne parvient guère à décoller économiquement, en proie à la corruption, au pillage de ses ressources et à l’exode de ses élites. Pourtant, l’Afrique ne manque pas d’atouts : ici et là, les vieux dictateurs sont congédiés, l’exigence démocratique s’installe. Des médiations se créent pour mettre un terme aux conflits. À l’ONU, le continent apprend à être une force autonome. Une nouvelle conscience africaine émerge. Des écrivains, des chanteurs et des musiciens, des plasticiens, des cinéastes portent la voix de l’Afrique dans le monde. Sans concessions ni parti-pris, c’est cette nouvelle Afrique, dans la multiplicité de ses aspects, que ce livre donne à voir. Il propose une synthèse sur chacun des États africains, évoque les principales figures politiques et les grandes étapes de l’histoire contemporaine, offre un tableau des conflits, étudie les grands faits de société (religions, corruption, villes), présente les principaux partenaires du continent, les enjeux économiques, sociaux et culturels. Des cartes, les « éphémérides » de RFI, qui jalonnent un demi-siècle d’actualité, des chronologies, un choix de textes fondateurs et un index détaillé complètent ce panorama d’un continent en mouvement.

Les 100 personnalités qui feront l'Afrique en 2009

Jeune Afrique
30/12/2008

« Que nous réserve 2009 ? Qui seront les principaux acteurs de cette année qui – crise économique oblige – ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices ?

Les 100 personnalités que la rédaction de Jeune Afrique a choisi de vous présenter dans ce dernier numéro de l’année 2008 vont toutes jouer un rôle de premier plan.

Nous les avons classées en sept catégories. Leur leadership politique et leur volonté de briguer un nouveau mandat à la tête de leur pays rassemblent les « présidents candidats ». L’année qui arrive sera également celle des « anniversaires », symboliques à plus d’un titre : quarante ans de « règne » pour le Libyen Kaddafi, dix pour le souverain marocain Mohammed VI et une première bougie à souffler pour le Zambien Rupiah Banda. D’autres personnalités, qui n’ont pas toutes entre leurs mains les rênes du pouvoir, figurent dans cette sélection. Mais leurs noms sont le plus souvent mêlés aux crises qui déstabilisent notre continent. Ce sont les « rebelles et putschistes ».

Intervenant pour les uns dans la sphère politique, et pour les autres sur le terrain socio-économique, les « leaders et décideurs » ont pour point commun d’exercer une certaine influence sur leur pays ou, plus largement, à l’échelle de leur région ou du continent tout entier.

Du nord au sud du Sahara, les retombées de la crise économique mondiale se font déjà sentir. Les représentants de la catégorie « argent et affaires » ont du pain sur la planche… Enfin, 2009 sera riche, très riche, en événements culturels. L’occasion de s’intéresser de plus près à ceux qui font les « arts et lettres » et tentent, malgré les difficultés, d’exporter la culture africaine sous d’autres cieux. Last but not least, un peu de sport avec nos « dieux du stade », qui représentent souvent avec brio un continent qui n’a pas toujours très bonne presse.

Tous participent, chacun à sa manière, pour le meilleur et, parfois, pour le pire, à la construction de l’Afrique de demain ».

Agenda

Femmes dans les arts d'Afrique
Musée Dapper - Paris
Jusqu'au 12 juillet 2009

"De la naissance au plus grand âge, en passant par les étapes obligées du mariage et de la mise au monde de nombreux enfants, les femmes occupaient en Afrique – et occupent souvent aujourd'hui encore dans les sociétés villageoises – une place très particulière. Elles sont omniprésentes dans la sphère privée, familiale; leurs activités de même que leurs rôles sont extrêmement divers. Comment les femmes apparaissent-elles dans les arts africains ?

À travers quelque cent cinquante oeuvres, principalement des statues, statuettes, masques et insignes de dignité, la nouvelle exposition du musée Dapper entreprend d'évoquer la multiplicité des représentations féminines. Nécessaires et incontournables, les pratiques rituelles conduites lors des initiations et des cérémonies religieuses marquent les moments forts des cycles de vie. C'est ce que révèlent nombre de figures : les corps traduisent, tant par l'ornementation que par la gestuelle, le vécu des femmes.

En général, les corps nubiles retiennent peu l'attention des sculpteurs. Ils préfèrent assurément magnifier les formes d'une figure aux courbes exceptionnelles et harmonieuses ou sublimer les seins et le ventre bombé d'une femme enceinte, sur lequel se développent, selon les cultures, des frises de scarifications. Des motifs incisés dans la chair ont été réalisés au moment de la puberté, d'autres ont été ajoutés pour favoriser le développement de la grossesse et protéger la naissance. À cet égard les artistes Bembe (RDC) n'ont pas manqué de sculpter des figures de parturientes. La maternité constitue le thème majeur des représentations féminines dans les arts africains. Féconde et nourricière, « la femme avec enfant » est une figure idéale, et sa progéniture constitue une richesse pour le groupe. La maternité est pleinement magnifiée chez les peuples Kongo (Congo et RDC) et chez les Senufo par exemple, car la femme est considérée comme étant la gardienne de la mémoire et des valeurs de la communauté. Les rôles de génitrice et de mère sont si fortement valorisés dans les sociétés africaines que les tâches et les jeux des petites filles les y préparent très tôt : elles possèdent des poupées qu'elles remplacent, au moment de l'adolescence, par d'autres qui sont conservées précieusement des années durant ; ce type d'objet, parfois sculpté avec originalité, devient propitiatoire lorsqu'il est destiné, comme chez les Dowayo (Cameroun) à favoriser la fécondité. On ne saurait confiner les femmes africaines au seul espace familial, à celui de la procréation et des tâches ménagères. Certes, dans la plupart des sociétés, la différenciation sexuelle s'accompagne de codes qui règlent de façon spécifique les univers masculin et féminin.

Si aux hommes sont, en général, dévolus l'organisation et la gestion du royaume ou de la chefferie de même que les affaires religieuses, les domaines de la chasse et de la guerre, il n'en demeure pas moins que des femmes ont exercé – et exercent – le pouvoir politique et spirituel, les deux étant fréquemment liés. En témoignent bien sûr l'histoire, mais aussi les effigies qui sont plus des archétypes que de véritables portraits. Dans l'ancien royaume de Bénin (Nigeria), il était d'usage de faire couler en bronze des têtes commémoratives pour les femmes comptant parmi les hauts dignitaires de la cour : les reines mères. Ce titre fut instauré au XVIe siècle par le roi Esigie pour rendre hommage à sa mère qui fut toute-puissante. De même, il existait, vraisemblablement avant le XVIIe siècle, au sein des royaumes Akan (Côte d'Ivoire / Ghana) des têtes en terre cuite façonnées par des potières ; ces oeuvres évoquent des visages d'ancêtres féminins qui auraient donné leur nom aux lignages.

La maturité et la ménopause qui voient disparaître l'impureté du corps permettent à la femme de s'inscrire enfin dans la sphère de l'autorité, des décisions réservées au monde masculin. Les deux univers demeurent néanmoins relativement éloignés. Quelques images de couple pourraient traduire leur complémentarité qui fonde l'ordre et l'harmonie du groupe. En réalité, nombre de pièces, à l'instar des sculptures dogon (Mali), revêtent une forte dimension symbolique renvoyant fréquemment à la mythologie, aux figures originelles d'un couple de jumeaux.

Les oeuvres expriment l'ambivalence de la place des femmes : leurs corps donnent forme aux statuettes, aux figures surmontant les insignes de dignité. Leurs traits ont inspiré les sculpteurs de masques, autant d'objets réalisés et manipulés par les hommes pour les cultes ou le maintien de l'ordre public. Aux femmes sont laissées la poterie et la broderie, celles-ci étant considérées comme relevant de l'artisanat."

Christiane Falgayrettes-Leveau, commissaire de l'exposition

Aujourd'hui, les plasticiennes d'origine africaine imposent peu à peu leur créativité. C'est à la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba – qui interroge les corps, les visages – que le musée Dapper offre ses cimaises en ouverture de l'exposition Femmes, dans les arts d'Afrique.

Cette exposition a été conçue et réalisée par le musée Dapper. Elle présente environ cent cinquante oeuvres, dont certaines sont inédites, appartenant aux grandes aires culturelles de l'Afrique et provenant de collections privées ou publiques, dont le musée royal de l'Afrique centrale (Tervuren), le musée d'Ethnographie (Anvers), le Staatliches Museum für Völkerkunde (Munich), l'Afrika Museum (Berg en Dal), le Museum Rietberg (Zurich), le musée Barbier-Mueller (Genève), le musée du Louvre (Paris) et le musée Dapper (Paris).