UN CACHEMIRE, TROIS NATIONS Cette émission a été diffusée la première fois en octobre 2011

Lectures

Cachemire. Au péril de la guerre
Jean-Luc Racine
Autrement - Collection : CERI/Autrement
03/10/2002

Moins médiatisée que le conflit israélo-palestinien mais, comme lui, vieille de plus de cinquante ans, l'inextricable question du Cachemire sort de l'ombre.

Le royaume à la population en majorité musulmane - qu'un maharadjah hindou rattacha à l'Inde en 1947 pour échapper à l'emprise pakistanaise - est devenu le cœur du triangle nucléaire de l'Asie.

La ligne de contrôle qui le tranche demeure, après quatre guerres, ligne de front.

Le régime militaire pakistanais a fait volte-face après le 11 septembre, en interdisant le passage au Cachemire indien des islamistes aux méthodes terroristes que les services secrets d'Islamabad soutenaient jusque-là.

Ces hérauts du jihad n'en poursuivent pas moins leur stratégie de déstabilisation qui dresse les armées face à face, au risque d'un nouvel embrasement.

Reste le cœur du problème : le sort des Cachemiris. Ni l'insurrection indépendantiste, ni la répression indienne, ni la surenchère islamiste n'ont, après des dizaines de milliers de morts, permis d'espérer une solution.

Les conceptions antagonistes de la nation et du bon droit que véhiculent l'Inde et le Pakistan, le choc des ambitions stratégiques, les manœuvres des pouvoirs rendent le dialogue indo-pakistanais très aléatoire, tandis que les Cachemiris sont trop divisés pour se faire entendre.

Derrière la tragédie du Cachemire se profilent moins le choc des civilisations que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes face aux États post-coloniaux, le déficit démocratique dans la gestion des identités, les réseaux terroristes, le concept de guerre limitée sous parapluie nucléaire, l'attentisme des puissances, la faiblesse de l'ONU.

Grandes questions qui illustrent les incertitudes de l'ordre mondial contemporain.

Jean-Luc Racine est directeur de recherches au CNRS. Il travaille sur les dynamiques de l'Inde contemporaine, sur les visions indiennes de l'ordre mondial et la géopolitique de l'Asie du Sud, en particulier sur les relations indo-pakistanaises.

Les guerres d'Obama
Bob Woodward
Denoël - Collection : impacts
03/2011

Barack Obama a-t-il l'étoffe d'un président de guerre ? Parmi tous les périls qui planent sur son mandat, la guerre d'Afghanistan est sans doute le défi le plus important qu'il ait à relever.

Au lendemain de sa victoire, l'ancien candidat " anti-guerre " a dû endosser l'habit du commandant en chef pour sortir l'Amérique du bourbier dans lequel George W. Bush l'avait précipitée.

C'est cette mue que raconte Bob Woodward, poursuivant son exploration des coulisses du pouvoir américain. Fort d'un accès privilégié aux documents les mieux gardés et des confidences des personnalités les plus haut placées à Washington, il décrit sous un jour nouveau les deux premières années de l'administration Obama et dresse un portrait inédit du 44e président des Etats-Unis.

Dans Les Guerres d'Obama, on assiste ainsi à son premier briefing par les services de renseignement - où il apprend que la CIA entretient une véritable armée clandestine au Pakistan - on suit au jour le jour la constitution de l'équipe chargée de la sécurité et de la politique extérieure des Etats-Unis - notamment comment Barack Obama a convaincu Hillary Clinton, pourtant son adversaire, de le rejoindre - et on est plongé dans la véritable guerre de tranchées qui voit s'affronter la Maison Blanche et le Pentagone sur la conduite à tenir en Afghanistan.

Car c'est bien à une guerre dans la guerre que Barack Obama a été confronté, avec le risque de voir les militaires prendre le pas sur le pouvoir civil.

Au-delà des événements cruciaux qu'il est le premier à évoquer, Bob Woodward nous permet ainsi de mieux comprendre comment Barack Obama pense, décide et agit.

Enquêteur de réputation mondiale, Bob Woodward est journaliste au Washington Post.

Outre ses ouvrages consacrés au Watergate, il est notamment l'auteur d'une trilogie sur la présidence de George W. Bush : Bush s'en va-t-en guerre (2003), Plan d'attaque (2004) et Mensonges d'Etat (2007).

Cachemire - Le paradis oublié
Marie Dorigny , Marc Epstein
Chêne (Editions du)
01/09/2004

En 1665, François Bernier, l'un des premiers visiteurs européens, disait en parlant du Cachemire : " Le royaume dépasse en beauté tout ce que j'avais anticipé ".

De nos jours, la magie du Cachemire demeure intacte malgré la guerre entre Indiens et Pakistanais qui déchire la région depuis plus de dix ans.

Marie Doriggy a saisi dans ses images la lumière qui se lève sur le lac Dal, miroir dans lequel se réfléchissent les montagnes, les bateaux aux volets sculptés dans le bois de santal, les marchés flottants au milieu des fleurs de lotus, la cueillette dans les champs de safran, la transhumance ancestrale des bergers, la splendeur menacée de la capitale Srinagar avec ses mosquées, ses jardins moghols mais aussi la noblesse et la douleur des Cachemiris victimes de ce conflit qui se transforme peu à peu en guerre civile.

Les auteurs :

Après une première carrière de rédactrice, Marie Dorigny, 44 ans, a rejoint le monde de la photographie en décembre 1989, ô l'occasion de la révolution roumaine.

Ses reportages sur le travail des enfants, les filières de l'immigration clandestine, les formes contemporaines de l'esclavage ou la vie des femmes de banlieue ont été publiés dons la plupart des journaux et magazines français ou étrangers : Libération, Le Monde, L'Express, Le Nouvel Observateur, Elle, Géo, La Vie, Life Magazine, Time, The Independent ou Der Spiegel...

Son travail pour le magazine Géo, en 1998, sur l'esclavage domestique en France est actuellement exposé dons les Fnac européennes.

Elle a publié en 1993, aux Éditions Marval et pour le compte du BIT, « Enfants de l'ombre », avec des textes du grand reporter de Libération, Sorj Chalandon. Elle travaille également en parallèle sur des projets plus personnels, comme celui du Cachemire, région où elle s'est rendue pour la première fois en 1991. Entre janvier 2002 et décembre 2003, elle y a effectué plusieurs séjours en vue de la publication du présent ouvrage. Depuis 2002, Marie Dorigny a rejoint l'agence Editing.

Marc Epstein est grand reporter ou service monde de L'Express depuis une quinzaine d'années. Né en 1960 à Londres, ce Franco-britannique, ancien de la BBC, a réalisé de nombreux reportages dons plus de 50 pays, surtout en Asie. Depuis son premier voyage au Cachemire, en 1990, il s'est rendu sur place une dizaine de fois, " par devoir professionnel autant que par plaisir ", dit-il.

Lauréat du Grand Prix de l'Association de la Presse Diplomatique en 2001 pour sa couverture de l'Afghanistan et du Pakistan après les attentats du 11 septembre, il est co-auteur, avec Jean-Marie Pontaut, de « Ils ont assassiné Massoud », paru chez Robert Laffont en 2002.

Pour aller plus loin :

www.grands-reporters.com/Cachemire-le-paradis-oublie.html

www.signatures-photographies.com/kaaWeb/accueilWeb/book/spip.php?page=imprimer&id_rubrique=245

Agenda

PHOTOQUAI - 3e Biennale des images du monde
L’exposition présentée sur les quais de la Seine se prolonge dans le jardin du musée du quai Branly, à la tour Eiffel, ainsi que dans une dizaine d’institutions partenaires à Paris dont la Maison de l’Amérique latine, la Maison européenne de la photographie, le Petit Palais ou encore l'Ambassade d’Australie.
Du 13/09/11 au 11/11/2011
Direction artistique : Françoise Huguier - Scénographie : Patrick Jouin

« A voir autrement, on voit autre chose » Heinrich Wölfflin, Principes fondamentaux de l’histoire de l’art (1915).

Dans la continuité de la première biennale, l’initiative de sa création en revient au musée du quai Branly, PHOTOQUAI 2011, dédiée à la photographie non occidentale, poursuit sa mission d’origine en faisant découvrir des artistes dont l’œuvre est inédite en Europe.

Mission fédératrice aussi puisqu’il s’agit de multiplier les croisements de regards en un système d’échange d’un lieu à l’autre.

Les deux premières éditions, en 2007 et 2009, ont fait découvrir 116 photographes venus chaque année de plus de trente pays différents.

La troisième édition de PHOTOQUAI, dont la direction artistique est confiée à la photographe et cinéaste Françoise Huguier, présente 46 photographes venus de 29 pays.

Françoise Huguier s'est entourée de nombreux commissaires dont Olivier Culmann pour l’Inde, Christine Eyéné pour l’Afrique, Christian Caujolle pour Cuba ou encore Mouna Mekouar pour le Maghreb : "Il était important pour moi que la recherche des œuvres se fasse en étroite collaboration avec les commissaires pour donner à voir d’une part des artistes émergents, d’autre part des artistes n’ayant pas l’opportunité d’être diffusés. Bien sûr il y avait la possibilité offerte par internet mais rien ne vaut une recherche plus profonde dans différents pays pour en sonder le subconscient. La rencontre des photographes chez eux, dans leur contexte, permet de dépasser notre confort intellectuel d’Occidental qui nous empêche trop souvent d’aller regarder ailleurs.

Cette curiosité active nous force à comprendre l’inspiration et les conditions de réalisation de l’œuvre d’un photographe, et comment celui-ci se situe dans les problématiques de son environnement. " (…) "Malgré la censure, l’autocensure ou le manque de moyens, j’ai été moi-même étonnée en allant à la rencontre des artistes dans différents pays, de voir tant de vitalité, d’inventivité et de profusion photographique. Une des idées fortes de cette 3e biennale était d’insister sur des régions du monde peu prospectées et peu vues : Cuba, Asie du Sud-Est, Afrique de l’Est…"

Comme l’ont espéré ses fondateurs, PHOTOQUAI 2011 se fait l’écho de la créativité, non pas de la « sono mondiale », mais de la « photo mondiale ».

(www.francoisehuguier.com/)