VISIONS DE LA RUSSIE (2/2) Cette émission a été diffusée la première fois en mai 2010

Lectures

Géopolitique du Caucase - Au carrefour énergétique de l'Europe de l'Ouest
Lussac Samuel
Technip
11/2009

À l'été 2008, la reprise de la guerre entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud a surpris la plupart des observateurs. Certes, depuis 2004, les incidents se répétaient et s'étaient même multipliés les semaines précédant la nuit du 7 au 8 août 2008. Toutefois, personne ne pensait que la confrontation irait aussi loin et que l'armée russe avancerait autant en territoire géorgien.

Un an plus tard, la situation demeure fragile. D'ailleurs, à l'occasion de « l'anniversaire » du déclenchement du conflit, les tensions ont repris, Abkhazes, Géorgiens, Russes et Sud-Ossètes s'accusant mutuellement de raviver les cendres du conflit. Pour l'instant, les menaces ne sont restées que verbales sans nouvelles hostilités.

Contrairement à 2008, les États-Unis comme l'Union européenne se sont rapidement manifestés pour empêcher tout nouvel embrasement de la région. Pour ces derniers comme pour certaines compagnies pétro-gazières transnationales, le Caucase du Sud ne doit pas sombrer dans la violence. Il est en effet amené à devenir un corridor énergétique majeur pour approvisionner en pétrole et en gaz les marchés mondiaux de l'énergie. Si cette mission est d'ores et déjà assurée par les oléoducs Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) et Bakou-Soupsa et le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE), elle devrait prendre de l'ampleur dans les prochaines années, avec l'établissement d'un Corridor Sud qui transportera du gaz de la Caspienne, d'Irak, voire d'Iran en Europe.

Dans un tel contexte, le Caucase du Sud se retrouve sous les projecteurs, pris au milieu d'une compétition mondiale pour le contrôle des hydrocarbures de l'Eurasie, impliquant des acteurs les plus divers, venant de tous horizons.

Atlas de Moscou
Pascal Marchand Cartographie : Cyrille Suss
Autrement Collection : Atlas Des Mégapoles
Mars 2010

Moscou en cartes, en graphiques, en photos, le portrait jamais réalisé d’une capitale politique qui ne se comprend pas sans l’État russe. Décryptage d’une mégapole au découpage administratif complexe à l’échelle mondiale, urbaine et régionale. Moscou est une ville dont l’essor et la puissance se sont exclusivement fondés sur le pouvoir de commandement politique. Les princes y ont concentré puissance politique et richesse architecturale au fur et à mesure de l’expansion continue du pays du XIIIe au XXe siècle, jusqu’à proclamer Moscou « Troisième Rome » dès le XVIe siècle. Un temps éclipsée par Pétersbourg, les Soviets lui redonnèrent en 1918 son rôle de capitale d’un État soviétique, encore plus centralisé que celui des tsars. Ils ont durablement marqué le paysage urbain d’une ville dont ils voulaient faire le phare du communisme mondial. Après l’effondrement de l’URSS en 1991, à côté du pouvoir central de la Russie, un pouvoir municipal moscovite s’est imposé. Tous deux coopèrent pour affronter le défi du XXIe siècle : faire de la ville un pôle métropolitain du monde global. L’appareil économique et urbain, pensé par une idéologie de l’époque industrielle, se transforme à marche forcée pour s’adapter aux normes du monde post-industriel, dominé par les services. Si l’empreinte de l’urbanisme soviétique se lit encore, en quinze ans, Moscou a opéré une mue impressionnante et changé de visage. La capitale politique, religieuse et touristique symbolisée par le Kremlin ou l’ensemble de Serguiev Posad, se veut désormais métropole économique mondiale.

Europe, Europes
sous la direction de Michel Foucher Boris Grésillon, Pascal Orcier et la revue Grande Europe
La Documentation française Documentation photographique n°8074
03/2010

Ce numéro à plusieurs voix tend à montrer que cette tension entre unité et diversité est au cœur même de ce qui définit l’Europe. Il ne s’agit pas ici d’analyser les perspectives institutionnelles de l’Union européenne, mais de se pencher sur un espace régional.

Quoi de plus divers que ce continent aux limites non définies, que cette “européanité”, faite d’un foisonnement de langues, de cultures, de traditions, de religions, que cet ensemble régional qui a vu apparaître le plus grand nombre d’États au XXe siècle. On opposera à cela que l’Union européenne, centrée sur un marché et une monnaie uniques et déployant des politiques communes, est en voie d’expansion ; que la première puissance commerciale du monde tente aujourd’hui de se doter d’une politique extérieure commune.

Il faut pourtant s’y résoudre : le continent Europe se définit avant tout comme un projet perpétuellement renouvelé, entre unité et diversité.

Agenda

Vive la France...quand même! 2e Festival de Géopolitique et de Géoéconomie
Grenoble
du vendredi 28 au dimanche 30 mai 2010

Aujourd’hui, la géopolitique est partout. Mondialisation oblige, les entreprises en ont un besoin accru, les politiques s’en inspirent dans leur pratique, les militaires l’utilisent pour approfondir leur réflexion stratégique, les géographes renouvellent leur discipline grâce à elle… Jusqu’au grand public qui se passionne pour les clés de lecture que la géopolitique fournit au décryptage de l’actualité.

La géoéconomie s’est appropriée ses outils pour lire l'économie comme facteur clef des rapports de force mondiaux.

Le Festival de Géopolitique et de Géoéconomie de Grenoble, créé en 2009 et organisé par l’association des enseignants de géopolitique Anteios, présidé par Pascal Gauchon, par l'école de Management de Grenoble et par les Presses Universitaires de France, éditeur de la collection Major. Il rassemblera l’ensemble des acteurs intéressés par la géopolitique : enseignants et chercheurs, mais aussi responsables d’entreprise, militaires, hauts fonctionnaires, étudiants pour mettre en rapport analyse intellectuelle et applications pratiques.

La collection Major des Presses publie d'ailleurs le rapport, annuel, du Festival de Géopolitique et de Géoéconomie de Grenoble, rapport qui est le point de départ des réflexions du Festival pendant lequel plusieurs de ses auteurs présentent leurs conclusions comme Cédric Telenne, Frédéric Munier, Thomas Snégaroff, Jean Kogej…

Colloques, conférences et débats, tables-rondes et ateliers animés par plus de 50 experts structureront ce festival très riche qui aura pour tâche de construire un faisceau de réflexions et d'analyse autour d'une thématique : La France.

Ces pôles de réflexion seront déclinés avec des attentions particulières sur ses capacités d'innovation et sa productivité, l'une des meilleures du monde, le développement durable et les industries "vertes" ou encore sa "puissance" dans le monde et le festival interrogera aussi la société française et ce qu'elle représente encore pour les hommes et les femmes qui la composent.

Les grands foyers de réflexion : le malaise entre la France et l'Union européenne avec Thibault Daudigeos et Alain Chaffela, la guerre économique avec Bernard Ésambert ou Christian Harbulot, la puissance économique de la France: à la croisée des chemins ou au bord du gouffre ? vues par Frédéric Encel, maître de conférence Institut d'Études Politiques. Michel Foucher, géographe et ancien ambassadeur posera aussi cette question : la France produit-elle ses cartes du monde ?

Le programme annonce aussi les interventions de : Hubert Védrine, Pierre Verluise ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet.

Gilles Fumey nous rappellera aussi que notre table est géopolitique !

Les Relations France-Maghreb seront aussi à l'étude. Cette année 2010, le festival initie aussi une nouvelle formule en mettant en vedette un pays invité. Le pays invité d’honneur : le Maroc. L’école de Management marocaine ESCA notamment animera plusieurs conférences et ateliers durant tout le festival et recevra notamment les anciens ministres Abdelaziz Rahabi et Habib Touhami, Abdelhak Aqallal (Délégué pour le Maroc de l’Observatoire Social International), Mohamed Rhalib (enseignant chercheur - ESCA, Casablanca), Fathallah Sijilmassi (Agence Marocaine pour le développement des exportations), Mohammed Matmati, Saad Benabdallah ...