YÉMEN, RÉPUBLIQUE DES TRIBUS ? Cette émission a été diffusée la première fois en juin 2009

Lectures

Cités du Yémen
Pascal & Maria Maréchaux, Serge Sautreau.
Imprimerie nationale
10 /2006

C’est entendu : le Yémen ébloui, séduit, conquiert ses visiteurs. La beauté des sites, la puissance d'attraction de ses montagnes, de ses déserts, de ses deux versants maritimes, mer Rouge et Océan Indien, le disputent sans cesse, en effet, à cette aura d'une histoire qui plonge si avant dans les millénaires qu'elle semble surgie tout droit de la légende. Au point que l'on ne sait si les cités du Yémen - purs défis des hommes à l'espace, cités fantômes ou cités vives, érigées en des lieux que l'on tiendrait de prime abord pour inaccessibles – relèvent de l'audace ou de la nécessité. A cette question, l'ouvrage que voici entend répondre à sa manière, en décryptant l'esprit du Yémen. Le géologique et l'architectural, le rural et l'urbain, le tribal et le sacré, l'économique et le religieux s'entremêlent ici de telle sorte que l'on se prend à rêver d'en restituer les clefs, de concilier l'histoire et le symbole. L'éclosion des " splendides villes ", saluées par Rimbaud, n'est-elle pas le signe même du génie yéménite ? La route de l'encens, les caravanes, la mythique reine de Saba, qu'en resterait-il sans ces énigmatiques incarnations de pierre d'argile et de paille séchée ? Ainsi, c'est à la genèse de ces hauts murs, à leur surgissement originel, que nous convie ce livre : en interrogeant le sens caché des citadelles et des " maisons-tours ", l'entrelacs des jardins et des cultures irriguées, des mosquées et des souks, des métiers et des rites. Au Yémen, et du fond des âges, le mystère est toujours présent.

Une vision de l'émergence des cités yéménites dans leur environnement désertique et nomade. Des vues d'ensemble et des descriptions de détails révèlent la situation, la structure et l'organisation de l’espace citadin et villageois.

Arabies heureuses : un siècle de photographies
Mounira Khemir Iconographe : Pascal Gueyle
Place des Victoires/CulturesFrance
01/2008

Ce recueil d'images rares pose un regard original sur les sociétés du golfe Arabo-Persique.

Il nous offre un voyage, comme par effraction, dans un monde partiellement révolu. Forts et citadelles, murailles de pierres protégeant les cirés grouillantes, boutres glissant sur la mer Rouge, souks chargés d'artisanat, processions de bédouins dans le désert, clichés de modestes marchands, ou encore portraits officiels de monarques nous renvoient un parfum de nostalgie des Arabies Heureuses. Prises entre 1860 et 1960, ces photographies, d'amateurs pour la plupart, proviennent le plus souvent de collections méconnues, disséminées aux quatre coins de la péninsule Arabique.

Les portfolios sont précédés d'un essai subtil de Mounira Khemir consacré à la pratique du portrait photographique en terre d'Islam.

Mounira Khemir, auteur, enseigne l'esthétique à l'université Paris-VIII. Elle a publié plusieurs essais sur l'histoire des représentations par la photographie et le statut de l'image dans le monde musulman. Parmi lesquels : Clérambault, psychiatre et photographe (1990), L'orientalisme (1994), Retrats de l'ànima, fotografia africana (1997), Portraits du Caire (1999), L'infinitif de l'image, du désert et ses représentations (2000), Le miroir et le temps. Des photographes en Egypte (2003).

Passionné par le Moyen-Orient, Pascal Gueyle vit aux Émirats arabes unis depuis douze ans. Responsable culturel à l'Alliance française d'Abou Dabi, il promeut les échanges culturels et artistiques entre les Émirats arabes unis, l'Arabie Saoudite et la France.

"Arthur Rimbaud Liberté Libre " et "Athar, sur les traces de Rimbaud- Ethiopie-Djibouti-Yemen "
Jean-Philippe Perrot Textes lus par Denis Lavant, Etienne Chicot et Lambert Wilson.
Aptly
05/2008

"Rimbaud liberté libre" propose la biographie de Rimbaud comme un grand voyage des Ardennes à l'Ethiopie, une aventure picaresque, tragique et bouleversante. Un regard neuf sur le parcours de la "vraie vie" de Rimbaud, loin des mythes et hagiographies.

Cette biographie est un grand voyage des Ardennes à l'Ethiopie, une aventure picaresque, tragique et bouleversante. Elle pose un regard neuf sur le parcours de la "vraie vie" de Rimbaud, "belle de logique et d'unité" comme écrivait Verlaine. Une vie hors du commun et méconnue, celle du poète météore et celle de l'aventurier : l'enfance à Charleville sous l'oeil de la "mother" inflexible, les émois d'un premier de la classe, les fugues dans les Ardennes, à Paris, à Bruxelles, le poète génial et révolté au moment de la Commune de 1871, l'histoire d'amour interdite avec Verlaine qui dérange le tout Paris des poètes, la fuite vers Londres et le drame de Bruxelles... Puis les années à parcourir l'Europe à pied, son travail de contremaître à Aden, les voyages en Abyssinie dans la région de Harar la caravane d'armes qu'il dirigea à Djibouti et en Ethiopie, sa rencontre avec le Négus Ménélik, la société d'import-export qu'il fonda, son retour tragique en France ou on lui coupa la jambe, et le décès à Marseille à 37 ans. Les textes sont lus par les comédiens Denis Lavant et Etienne Chicot.

"Athar, sur les traces de Rimbaud" . Les textes sont lus par le comédien Lambert Wilson.

Le Chant de Sanaa
Yahya Al-Nunu
Inedit/Maison des Cultures du Monde
08/2001

Né en 1937, lointain héritier d'une famille illustre mais totalement désargentée, Yahya al-Nounou a été élevé à l'école des orphelins de l'Imam , où étaient formés dès l'enfance les meilleurs serviteurs du souverain yéménite. Avec la psalmodie du Coran, il a acquis une formation traditionnelle, à la fois religieuse et musicale, mais il a aussi acquis une formation technique moderne en télécommunications. Ainsi, dès avant la Révolution, il devint employé du télégraphe et, pour son travail, voyageait à pied partout dans le Yémen. Yahya al-Nounou a ainsi visité tous les recoins de son pays, et en a profité pour recueillir des vieux chanteurs qu'il rencontrait, des mélodies et des poèmes oubliés, dans le fond des wadi et sur les plus hauts sommets. A cette époque, il transportait avec lui dans son baluchon une boîte de beurre clarifié en fer blanc qui lui servait d'instrument de percussion, pour s'accompagner, là où il ne pouvait pas emporter un luth. Yahya al-Nounou fait partie de cette génération charnière qui a bien connu l'époque précédant la République (née en 1962), mais est encore assez jeune pour nous faire partager ses souvenirs : à l'époque, on chantait sans micro et chacun balayait devant la porte de sa maison. C'est parce que Yahya al-Nounou vit encore dans une période historique qui, pour la plupart, est révolue, qu'il n'a jamais cherché à se faire connaître au Yémen, et qu'il espère trouver ailleurs un public qui puisse comprendre sa démarche sans concession. Cette passion, Yahya al-Nounou cherche à la transmettre fidèlement, avec une intensité juvénile qui ne s'est pas démentie avec l'âge. Est-ce parce que son nom, al-Nounou, signifie bébé en arabe yéménite ?

Les Grandes Questions Internationales depuis la chute du mur de Berlin 2e édition
Thierry Garcin
Economica
05/2009

Cet ouvrage décrit et commente les grands enjeux internationaux d'aujourd'hui.

Les dossiers clés de politique étrangère sont mis en perspective. Dans chaque domaine, des synthèses sont proposées, avec dates clés et chiffres essentiels, directement utilisables par l'étudiant, l'amateur éclairé, le curieux. Sept grandes parties, centrées sur sept grands thèmes, avec des historiques indispensables. De nombreuses subdivisions, qui permettent une lecture séquentielle et aléatoire, suivies d'une bibliographie actualisée.

24 " Questions " thématiques, 60 encadrés sur des aspects particuliers, 28 cartes en noir et blanc, un cahier en couleurs de 24 cartes.

Au sommaire notamment : les bouleversements internationaux de 1989-1991 et leurs conséquences, les États-Unis unique superpuissance, les grands facteurs de déstabilisation, les tentatives de recomposition régionale, la défense dans les rapports de force internationaux, le rôle des organisations internationales, balkanisation versus mondialisation …

Thierry Garcin, docteur en science politique (Paris I) et habilité à diriger des recherches (Paris V), est chercheur associé à Paris V et à l'université du Québec à Montréal (UQAM).

Il enseigne à Paris I, Paris III et au Centre d'études diplomatiques et stratégiques (CEDS). Maître de conférence à IIEC, il a enseigné à Sciences Po (Paris) et à l'IIAP Ancien auditeur de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), il est producteur délégué à Radio- France.

Agenda

Construire des Mondes
Venise - Italie
du 07/06/2009 au 22/11/2009
53ème édition de la Biennale de Venise

La 53e Exposition internationale d’art présentera les œuvres de plus de 90 artistes venus de tous les continents. « Elle veut explorer de nouveaux espaces où l’art pourra s’épanouir en dehors du contexte institutionnel et au-delà des attentes du marché de l’art. L’accent placé sur le processus créatif et sur le travail en cours n’exclura pas une exploration de la richesse visuelle », assure le jeune directeur de cette Biennale d'art, le philosophe et critique d'art suédois Daniel Birnbaum, 46 ans.

Une particularité de cette édition 2009 de la Biennale : La double présence des Émirats arabes unis (EAU).

Leur pavillon national, situé à l’Arsenal, est décrit comme « la contribution officielle du pays », tandis qu’Abou Dhabi, la capitale des Émirats, est représentée par l’Autorité pour la culture et le patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH) via la « Plateforme pour les arts visuels ». Abou Dhabi et les Émirats se sont chacun offert les services d’un commissaire de réputation internationale. L’Iranien Tirdad Zolghadr, co-commissaire de la Biennale de Sharjah en 2005 pour les Émirats, qui collabore notamment avec la Frieze Fondation de Londres, et la Française Catherine David, directrice de la Documenta à Cassel en 1997, pour Abou Dhabi. « Le titre du pavillon, “Ce n’est pas vous, c’est moi”, pourrait être interprété ainsi : “Regardez, c’est au tour des Émirats maintenant.” Le pavillon […] peut-être envisagé comme une réflexion sur la conception d’une exposition dont le fondement même est de mettre en scène une nation », explique Tirdad Zolghadr. Le pavillon – où sont exposées notamment les œuvres de Lamya Gargash, Hassan Sharif, Tarek Al-Ghoussein et Huda Saeed Saif – est financé par la Fondation des Émirats ainsi que l’Autorité pour la culture et les arts de Dubaï.

La « Plateforme » d’Abou Dhabi est elle, financée par l’ADACH, dans un solide esprit de compétition vis-à-vis de à leurs homologues de Dubaï – une rivalité digne de celle qui partageait les principautés allemandes au XVIIIe siècle. « La “Plateforme” n’a rien à voir avec le pavillon des Émirats, insiste Catherine David. L’histoire de la région est complexe. Mon premier souci est de déconstruire les clichés. Il ne s’agit pas simplement de sable et de pétrole. » Parmi les artistes représentés, citons le photographe français Philippe Chancel. « Il y a cette année un nombre sans précédent d’artistes venus du Moyen-Orient au sens large », commente Jemima Montagu, commissaire du « Divan est-ouest : art contemporain d’Afghanistan, du Pakistan et d’Iran ». « Notre exposition espère défier les images stéréotypées de ces pays en exposant de l’art contemporain qui sonde le riche patrimoine artistique de la région », ajoute- t-elle. Celle-ci est en partie financée par l’organisation Turquoise Mountain basée à Kaboul.

Le retour de L’Afrique en 2007 fut l’œuvre du commissaire de la Biennale Robert Storr. Le Maroc, félicité lors de l'édition précédente, sera représenté pour cette 53e Biennale de Venise, qui verra également la participation pour la première fois d'autres pays africains tels que le Gabon, représenté par la franco-gabonaise Owanto et l'Afrique du Sud, par deux grands et talentueux artistes: Fathiya Tahiri et Mahi Binebine.

D'autres pays participent à l’événement pour la première fois : Andorre, le Montenegro, le Pakistan, la Principauté de Monaco tandis que d'autres pays prendront part à l’édition 2010 : l’Iran, le Maroc, la Nouvelle-Zélande et Saint-Marin. L'Inde n'était plus représentée depuis 1982.

"Construire des Mondes" passe certainement par la déconstruction : du couloir de la mort au sang des soldats russes ayant combattu en Tchétchénie, les pavillons des pays exposant à la 53e Biennale d'art de Venise ont choisi le registre de l'enfermement et des guerres avec des oeuvres dérangeantes et quelques fois macabres.