199 résultats

Irak, terre mercenaire Les armées privées remplacent les troupes américaines
Georges-Henri Bricet des Vallons
Favre

Cet ouvrage retrace les cinq années de chaos pendant lesquelles les sociétés militaires privées ont tiré profit du conflit en Irak. L’auteur, spécialiste des questions de défense, revient sur l’histoire de cette guerre, sur les conditions stratégiques qui ont permis l’émergence de ces nouveaux empires de la violence privée et la constitution d’un véritable marché de la guerre où le profit s’écrit en lettres de bitume et de sang.

Un extrait de la préface de Jean-Philippe Immarigeon

"...La mercenarisation de la pensée de la guerre, puis de la guerre elle-même, est donc inscrite dans l’histoire étatsunienne. Elle est alimentée par l’imagerie hollywoodienne qui présente, à côté de l’étalage de puissance technologique et numérique, le soldat en mission de commando dans des environnements toujours plus exotiques et toujours plus dangereux. Le soldat américain y fait son « job » et agit comme un mercenaire. On sera alors passé d’une armée du peuple, voire du peuple en arme, à une armée de professionnels, conséquence logique de l’idée d’une projection rapide dans le cadre d’une guerre préemptive de toute agression contre le territoire national. Car une telle guerre ne peut tenir longtemps dans un cadre de conscription, et pas seulement pour des raisons de haute technicité et de parfaite maîtrise du matériel : la patrie n’étant pas visiblement et immédiatement en danger, pourquoi aller mourir pour Dantzig ou se sacrifier à Kaboul ?

Même si les besoins considérables de turn-over en Orient imposent d’y envoyer sur place tout ce qu’il y a de disponible, le format théorique de l’armée américaine est bien aujourd’hui à deux vitesses : celui d’une armée domestique ou National Guard pour la sécurité du territoire, avec ou sans réservistes, et d’une « Légion Etrangère » sur-équipée (rôle que joue déjà le Marine Corps, armée dans l’armée), pour les opérations de police à l’extérieur. Encore faut-il bien comprendre ce que les Américains entendent par là. Les guerres en Irak, en Afghanistan, au Pakistan ou ailleurs ne sont pas des opérations de police internationale dans un monde globalisé dont les Etats-Unis porteraient le lourd fardeau et accepteraient le rôle du gendarme : elles sont des opérations délocalisées de police américaine pour la seule protection des intérêts américains et la quiétude des seuls citoyens américains. Et il en a toujours été ainsi dans les discours des présidents, de Wilson à Obama en passant par Truman et Bush : nous faisons la police à Berlin, Saigon, Bagdad ou Kaboul pour ne pas avoir à la faire à Little Rock, Saint-Louis, ou Bâton-Rouge mais c’est la même.

Après la professionnalisation, entendue comme mercenarisation, vient une autre étape : la privatisation. Là encore nos armées d’ancien régime connaissaient le phénomène (les légions de Lauzun et Dillon, par exemple, lors de la guerre d’Indépendance américaine). Sauf que, et c’est un des grands mérites de l’ouvrage de Georges-Henri Bricet des Vallons que de le montrer, s’est entre temps greffée sur ce processus, pour lui donner un fondement idéologique, une théorie elle aussi née du temps des rois : l’anarcho-capitalisme souvent nommé ultra ou néo-libéralisme – et on se demande pourquoi « néo » vu qu’il ne s’agit que des remugles des théories d’Adam Smith & Co. ...".

( pour la préface in extenso : americanparano.blog.fr/2010/01/05/la-guerre-americaine-aura-t-elle-jamais-lieu-7696898/)

L’erreur L’échec américain en Irak cinq ans plus tard
Charles-Philippe David, Karine Prémont & Julien Toureille
Septentrion

2003. Les États-Unis envahissent l’Irak, à la recherche d’armes de destruction massive et au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est sans l’accord de la communauté internationale, sans véritable plan de reconstruction et sur le fondement d’informations erronées que les GIs partent à l’assaut de l’État baassiste le 20 mars 2003. À peine trois semaines plus tard, le président américain annonce la fin des opérations militaires. Mais l’épopée glorieuse se transforme très vite en occupation ratée. Aux pillages spectaculaires des premiers jours succèdent l’épuration, la désolation, les attentats, les massacres et les guérillas interconfessionnelles.

Comment expliquer cette guerre qu’a déclenchée la Maison-Blanche il y a maintenant cinq ans ? Quels intérêts le président Bush a-t-il servis en occupant un État que son père avait délibérément refusé d’envahir plus d’une décennie auparavant ? L’erreur qu’ont commise les décideurs en s’enlisant dans les sables de Mésopotamie est si désarmante qu’il est aujourd’hui difficile de croire véritablement au complot. L’explication est beaucoup plus simple, elle reflète les contradictions et la cacophonie du système décisionnel américain.

Guérillas - Du Vietnam à l'Irak
Gérard Chaliand
Hachette Littératures

Présentation de l’éditeur

Du Vietnam à l'Irak, de l'Afrique à l'Amérique latine, Gérard Chaliand témoigne des luttes armées dont il a été l'observateur depuis quarante ans.

Les enquêtes de terrain ici réunies constituent une contribution de première main à l'étude des conflits irréguliers : guérilla, guerre populaire ou terrorisme, formes privilégiées des affrontements des dernières décennies. Aujourd'hui encore, en Irak ou en Afghanistan, la guérilla – alliée aux actions terroristes qui l'ont presque toujours accompagnée – réaffirme une fois de plus sa terrible efficacité, particulièrement contre un adversaire étranger.

Quel bilan tirer de ces décennies de conflits ? Si les luttes armées menées grâce à l'organisation intelligente de la violence ont débouché sur l'indépendance, les projets des partis révolutionnaires ne se sont-ils pas presque toujours révélés des échecs ?

Le basculement du monde De la chute du Mur à l'essor de la Chine
Coordonné par Alain Gresh
Éditions du Monde Diplomatique Collection : Manière de voir n°107

I. Fin de la guerre froide

Sans que soit tiré un seul coup de feu, sous le poids de ses propres contradictions, le « camp socialiste » s’écroule avec l’ouverture du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et l’échec des tentatives de réforme menées par le président Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique.

La fin de l’utopie communiste, qui avait mobilisé des dizaines de millions d’hommes et de femmes à travers le monde – et suscité aussi une littérature anticommuniste dont les enfants avaient été abreuvés – ne signifie toutefois pas l’avènement d’un ordre international plus juste, d’autant que les États-Unis veulent, par tous les moyens, affirmer leur supériorité militaire.

Les pays du Sud sont les premières victimes de ce réalignement du monde, incapables de combler leurs handicaps économiques et sociaux, et désormais privés de la possibilité de jouer sur les rivalités entre les Deux Grands. Quant à l’Europe de l’Est, libérée d’un système dictatorial, elle passe sous le joug du « consensus de Washington » et engage des réformes économiques libérales que la grande majorité de la population doit payer d’un prix élevé.

Les efforts pour penser un monde nouveau placé sous le signe de la coopération et sous l’égide d’une Organisation des Nations unies rénovée, réformes souhaitées par nombre de penseurs et d’intellectuels, ne débouchent sur rien. Les incertitudes demeurent, les conflits aussi…

II. Le moment américain

Le XXIe siècle sera américain. Sous différentes formes, cette prophétie fait consensus chez la plupart des analystes après la chute du mur de Berlin et la victoire écrasante des États-Unis contre l’Irak en 1990-1991, victoire qui confirme l’effacement de l’Union soviétique, une supériorité militaire américaine écrasante et la capacité de Washington à entraîner, sous sa bannière, une large coalition internationale.

Ce moment américain n’est synonyme ni de paix, ni de nouvel ordre du monde. Avec la caution des Nations unies, comme en Somalie, ou sans elle, comme au Kosovo, les États-Unis multiplient les interventions militaires, parfois au nom du droit d’ingérence humanitaire. Dans le même temps émerge un nouvel ennemi global, l’islam radical, considéré comme aussi dangereux que le nazisme ou le communisme.

Quant à la mondialisation économique, la « mondialisation heureuse », elle commence à donner les premiers signes de craquement, ainsi qu’en témoignent les crises asiatique et russe de la seconde moitié des années 1990.

L’avènement de M. George W. Bush à la présidence des États-Unis et les attentats contre New York et Washington du 11 septembre 2001 favorisent l’avènement d’une politique impériale américaine, politique qui, paradoxalement, va accélérer un déclin des États-Unis.

III. Géopolitique multipolaire

Il est toujours périlleux de prophétiser. En 1983, deux ans avant l’accession de M. Mikhaïl Gorbatchev au Kremlin, Jean-François Revel prédit la fin des démocraties, incapables de lutter contre « le plus redoutable de ses ennemis extérieurs, le communisme, variante actuelle et modèle achevé du totalitarisme ».

Quelques années plus tard, le politologue Francis Fukuyama proclame la « fin de l’histoire » avec le triomphe sans partage du modèle américano-occidental... Après la première guerre du Golfe (1990-1991), nombre d’analystes annoncent l’aube d’un XXIe siècle américain.

Toutes ces illusions étant tombées, les observateurs s’interrogent sur l’avenir, un avenir dont il est difficile de dessiner les contours. Si le déclin de l’Empire britannique et son rapide efficacement offrent quelques leçons, il ne permet pas de dire ce que sera le monde post-américain.

La crise économique accélère une redistribution des centres de pouvoir, avec la confirmation de la place prise par l’Asie, notamment par l’Inde et par la Chine. L’Europe, quant à elle, hésite sur la voie à suivre, prise entre quelques velléités d’autonomie et son tropisme atlantique.

Une chose est sûre, le monde de demain sera multipolaire et aussi plus incertain, avec l’émergence de nouvelles menaces, de la prolifération nucléaire aux pirates...

20 ans après la chute du Mur : l'Europe recomposée
Pierre Verluise
Editions Choiseul

" Parmi les ouvrages qui s’intéressent à la construction européenne, celui de Pierre Verluise offre un regard particulier sur la réunification de l’Europe après la fin du communisme [...]. Il a vécu ces moments inoubliables. Il les raconte en témoin et ce n'est pas sans émotion que l'on revit ces instants qui ont marqué un changement de monde. " Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman.

Le 9 novembre 1989, une foule immense abattait le mur de Berlin, symbole d’un monde bipolaire. Mstislav Rostropovitch jouait les Suites de Bach, les caméras du monde entier étaient braquées sur l’Allemagne, un vent de liberté soufflait…

Aujourd’hui, la Guerre froide n’est plus qu’un lointain souvenir. L’Union soviétique a disparu, les États-Unis sont devenus la seule puissance globale et la géopolitique de l’Europe a été révolutionnée.

Vingt ans ont suffi à opérer de profonds changements dans les relations internationales. Des stratégies déployées par les États-Unis pour défaire le bloc soviétique, à l’émergence d’une Union européenne rassemblant vingt-sept états, cet ouvrage révèle les aspects les plus méconnus du chemin parcouru : jeux américains et russes, ambiguïtés de la relation franco-allemande, enjeux des élargissements de l’OTAN, intégration d’anciens pays communistes à l’Union européenne…

À travers de nombreux témoignages et entretiens recueillis par l’auteur, qui marquent l’originalité de cet essai, Pierre Verluise dégage les lignes de force de la saga européenne. Il nous donne les clés pour comprendre les enjeux et les perspectives de l’Europe du XXIe siècle.

Pierre Verluise est docteur en géopolitique et fondateur du site Internet.

www.diploweb.com francophone. Chercheur à l’IRIS, directeur du séminaire sur l’Europe au Collège interarmées de défense, il enseigne également à l’ISIT et à l’Université de Cergy-Pontoise.